Un dimanche de vote par Laurent Abrahams

Publié le par Rédaction Parti de Gauche Montreuil

Un dimanche de vote par Laurent Abrahams

Un dimanche de vote par Laurent ABRAHAMS

Après des semaines de sondages, de reportages, de matinales, d’heures de chaîne d’info nous annonçant du FHaine partout et la gauche anti austérité nulle part, j’avais fini, moi aussi, par l’intégrer.

La journée de dimanche fut longue en assurant la présidence du bureau de vote n°36; puisque seulement 262 montreuillois-e-s sur 917 sont venu-e-s mettre un bulletin dans l’urne. Tandis, que pour calmer mon impatience, je suivais les fils twitter qui annonçaient, comme tous les médias bien informés, la fumeuse vague bleue marine, je ne pouvais m’empêcher de m’interroger, en saluant les votant-e-s, sur qui mettait un bulletin remettant en cause les principes de liberté, d’égalité et de fraternité.

Le dépouillement qui donnait 55 voix pour le Front de Gauche contre 51 pour le FN, ne contribuait pas à me rassurer et je craignais que finalement, pour une fois, les sondages ne se soient pas trompés. Arrivé en mairie, les résultats donnés par les uns et les autres me rassuraient sur l’ancrage toujours aussi profond de Montreuil à gauche, capable de résister à cette houle qui était sensée l’emporter.

Le FDG emmené par Dominique et Belaïde était en tête sur le canton sud devant la liste EELV-PS et, dans le canton nord partagé avec Rosny, le liste FDG menée par Riva et Florian était au coude à coude sur la ville avec la liste PS-EELV. Le travail militant d' Esther, Jerzy, Gérard, Julien, Franck, Stellia, Benjamin, Alice, Jean-Jacques…, des camarades PG parisienn-e-s et bien sur du travail de boîtage, de tractage et de collage, des camarades infatigables du PCF a payé. Le binôme PS obtenait finalement sa qualification pour le second tour grâce aux voix Rosnéennes où malgré un gain de plus de 200 voix, la faible implantation du FDG n’a pas permis de passer devant sur l’ensemble du canton. Cependant, il est certain que le travail entamé avec les camarades du PCF de Rosny et la disponibilité de Gérard notre camarade du PG local a permis à nombre d’électeurs et d’électrices de Rosny d’entrevoir une issue possible à la politique de droite sans être condamné au PS.

Il était temps pour moi, de plonger dans les journaux web ou TV pour y chercher les résultats. Peine perdue, en dehors du fait que le ministère avait embrouillé toute lecture claire en étiquetant nombre de nos candidatures quelles soient FDG/EELV, PG/EELV, ENSEMBLE ou avec Nouvelle Donne, sous une appellation divers gauche, les sondeurs donnaient des résultats à géométrie variables selon les supports médiatiques.

Une chose est certaine, cependant, les dealeurs de sondages et leurs clients accros se sont une nouvelle fois plantés. Bien sur, la marée nauséabonde reste bien trop haute et dans de trop nombreux départements les citoyen-ne-s risquent de voir la gestion de leur politique sociale aux mains d’une droite partisane de toujours plus d’austérité quand elle ne sera pas confiée à la folie d’extrême droite. Mais, la France ne se réveillera pas lundi prochain repeinte en fasciste.

Quant au PS, combien de temps restera-t-il sourd et aveugle à ce qui est une évidence pour une très large majorité du peuple de gauche ? Combien de temps ses militant-e-s, voir ses candidat-e-s sincèrement de gauche continueront-ils à supporter (dans les deux sens du terme) les politiques libérales menées nationalement en ne nous répondant que localement ? Combien d’élu-e-s PS devront être battu-e-s faute de pouvoir obtenir la moindre confiance de la gauche anti austérité et écologiste ? Combien de temps les dirigeant-e-s du PS vont-ils invoquer l’union sans jamais émettre une seule proposition concrète pour, ne serait-ce qu’en discuter. Combien de temps les parlementaires PS vont-ils voter des lois qui rendent chaque jour plus illusoire le vote socialiste, quelque soit l’adversaire, pour des citoyen-ne-s de gauche au mieux désabusé-e-s au pire très en colère ? Combien de temps vont-ils continuer à jouer les pompiers pyromanes avec le FN ? C’est à leur militant-e-s de répondre à ces questions. Nous, nous avons à construire un grand mouvement s’appuyant sur la gauche anti austérité, sur la gauche écologiste, sur la gauche citoyenne capable d’emporter de façon claire le pays dans une autre direction, un mouvement identifiable qui ne pourra prêter le flan ni aux combines du ministère de l’intérieur, ni aux égos personnels ou partidaires.

Finalement, le soleil s’est quand même levé en ce lundi matin post électoral, et c’est avec toujours autant de conviction et d’espoir que je vais aller militer.

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