A Montreuil, on expulse à tour de bras...

Publié le par Rédaction 93100 Dessus Dessous

 

 

11h30, ce samedi 30 juillet.. la nouvelle tombe sur les portables : le squatt des Sorins vient d'être expulsé.

Plus de 200 personnes vivaient depuis 2007 dans cette usine désaffectée du bas montreuil.

Voilà quelques mois, avec l'aide de la ville, ils avaient pu obtenir une convention avec Véolia pour avoir accès à l'eau... Mais en mai dernier, coup de tonnerre : ils reçoivent un arrêté d'expulsion de la préfecture.

Quelques semaines plus tard, après de nombreux coups de fil et surtout un rassemblement devant la Mairie, une délégation est reçue par la Maire.

Dominique Voynet les assure de son soutien, interpelle la préfecture par voie de communiqué et, surtout, suggère aux squatteurs de mettre en place des sanitaires et leur souffle même de les « inaugurer » officiellement  en l'invitant pour l'occasion !

Plein de bonne volonté, ils réunissent la somme nécessaire à leur construction (9000 euros) et, jeudi dernier, vont fièrement annoncer à Dominique Voynet que les toilettes et douches sont prêts à être inaugurés !

Malheureusement, la fête n'aura pas lieu... ce matin, à 9 heures, les CRS sont arrivés et ont mis tout le monde dehors... une expulsion « sans incidents », selon les dires de la Maire... si tant est que 100 personnes envoyées au dépôt de Bobigny pour contrôle d'identité, pour la plupart passibles d'expulsions, puissent-être considérées comme un « non incident ».

 

Très vite, quelques soutiens se rassemblent sur la place de la fraternité avec les squatteurs restants. Le nombre impressionnant de cars de CRS positionnés partout en centre-ville n'a pas manqué d'éveiller la curiosité de la population, et la nouvelle de l'expulsion circule rapidement dans la ville... Malheureusement, pas jusqu'aux oreilles des élus de la majorité, qui brillent par leur absence. Riva Gherchanoc, arrivée sur place juste avant midi, ne croisera que Bruno Saunier... Dominique Voynet étant déjà repartie.

Le DAL, lui, est présent, et Jean-Baptiste Ayrault, son président, répond aux questions des journalistes de BFM TV et Radio France.

 

Vers 15h30, une cinquantaine de personnes sont encore rassemblées sur la place... les bagages sont empilés ça et là, et personne ne sait trop quelle va être la suite des événements. La seule élue sur place est Juliette Prados, du PG. Le vice-consul du Mali vient d'arriver, et s'entretient avec Issa Cissé, porte-parole des squatteurs, et Lassana Niakate, président des Maliens de Montreuil.

Les militants du DAL sont repartis, attendus à la marche pour... un plan d'urgence logement !

 

Quelques banderoles sont installées aux abords de la place, rappelant que le logement est un droit.

 

A 16h30, une première sommation de quitter la place est faite : un officier de police se plante en plein milieu de la place, et annonce dans un mégaphone que le rassemblement n'ayant pas été déclaré en préfecture, il est illégal... une provocation qui entraîne quelques protestations dans les rangs des personnes présentes, mais la situation reste très calme.

 

Le vice-consul s'éloigne avec Issa Cissé et appelle le consul pour lui faire part de la situation... de la place, des militants accourrent pour annoncer que les crs s'approchent et semblent prêts à charger. Très vite, après quelques discussions, les squatteurs et leurs quelques soutiens présents décident d'obéir à l'ordre d'évacuer la place de la Fraternité et s'engagent dans la rue Chéreau, décidés à rallier la place de la République.

 

Malheureusement, ils n'y parviendront pas : les CRS bloquent l'accès à la rue de Paris. Riva, revenue rapidement dans le secteur, prévient par téléphone qu'un bus de la police est en train d'emprunter la rue Etienne Marcel vers la place de la fraternité. Aux questions de Juliette Prados, un responsable des opérations apprend que les squatteurs vont être ramenés vers la place de la fraternité pour un probable contrôle, au prétexte qu'ils n'ont pas réagi aux sommations faites... une heure avant ! Or, la fameuse sommation n'a eut lieu qu'à peine 30 minutes plus tôt...

 

Très vite, la rue Chéreau se transforme en souricière, les personnes présentes étant bloquées par deux cordons de CRS...et en effet, le bus est là...

 

Après quelques parlementations, le vice-consul réussit à sortir pour rejoindre la rue de Paris avec une vingtaine de personnes. Mais ensuite, plus personne ne passe. Sur le trottoir d'en face, quelques soutiens se massent et crient des slogans. Riva essaye de joindre le cabinet de la Maire pour les informer de la situation, mais la réponse d'Yves Miramont est laconique : les élus sont en vacances, seuls trois sont sur la ville...

Côté rue Chéreau, Juliette joint Frédéric Molossi, conseiller général, pour lui demander d'intervenir auprès de la préfecture. Mais les CRS chargent... L'un deux, sans doute excité par l'insigne de conseillère municipale de Juliette, lui crie violemment de dégager avant de lui asperger les yeux de gaz lacrymogène (une plainte est en cours auprès de l'IGS). S'ensuivent quelques minutes de confusion où pleuvent les coups de matraques... Puis finalement le calme revient et, une par une, chacune des personnes présente est fouillée puis embarquée dans le bus. .

 

Un responsable nous lâche du bout des lèvres que les personnes embarquées seront conduites dans un commissariat, sans nous préciser lequel... certains ont entendu parler du 18ème arrondissement.

Les bagages restant sur le trottoir sont embarqués par quelques squatteurs ayant réussi à échapper à la souricière.

 

De retour chez nous, la lecture des déclarations de Voynet nous laisse sans voix :

 interrogée, la maire de Montreuil, Dominique Voynet (EELV), a pour sa part "regretté de n'avoir été prévenue qu'au dernier moment" de l'évacuation. "Je me suis rendue sur place, cela s'est fait sans incident mais ceux qui n'ont pas de relogement vont se tourner vers la mairie et nous n'avons rien à leur proposer en l'état actuel des choses, c'est à l'Etat de prendre ses responsabilités en la matière, il en a l'obligation légale", a ajouté Mme Voynet...

 

Certes, l'Etat en a l'obligation... mais force est de constater qu'il ne l'assume pas et que, ce soir, deux cents montreuillois de plus dormiront dans la rue.

 

Alors, on fait quoi ?

 

Dimanche 31 Juillet – rassemblement à 11h00 rue piétonne contre les expulsions.

 

 

NB : dernière minute, l'ensemble des personnes embarquées cette après-midi ont été relâchées.

 

.

 

Publié dans Coups de calcaire...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

ema / la bienveillante 03/08/2011 21:33


C'était atroce. j'ai pas été sur la place, mais ce squat était si tranquille, calme, bien géré. Si t'es sur twitter, harcelons Voynet !