Au Méliès la municipalité joue les dents de l'amère 2

Publié le par Nathanaël Uhl

 

NathUhlUne nouvelle fois, le cinéma municipal le Méliès se retrouve sous les feux de l'actualité. La maire de Montreuil a à nouveau utilisé la ligne directe dont elle dispose avec un quotidien régional pour réaliser un coup de communication dont elle a le secret. Il y aurait une « caisse noire » dans les armoires du cinéma montreuillois. En ligne de mire trois agents municipaux dont le directeur artistique de l'établissement. Notons que la maire a déjà tenté de se débarrasser de ce dernier au printemps passé. Sans succès.


Si les faits étalés dans les colonnes du Parisien venaient à être prouvés, l'affaire serait grave. Il appartiendra à la justice de faire son travail, comme dans d'autres affaires où la municipalité a porté plainte. Cependant, comme dans d'autres affaires mises en scène avec grand tapage médiatique, nous demandons que les principes du droit soient appliqués, en premier lieu celui de la présomption d'innocence. Les déclarations publiques de la maire font plutôt la preuve qu'une fois encore les agents communaux sont jetés en pâture, livrés à l'opprobre populaire que la municipalité cherche à susciter. Dans ce cadre, la suspension de service des trois agents incriminés est infamante, violente et injuste.

 

lune

 

En effet, il semble que les faits qui leur sont reprochés : double billetterie et circulation d'argent liquide - comme dans toute régie municipale - relèvent d'un fonctionnement admis voire encouragé par le très respectueux des lois Centre national du cinéma (CNC). La différenciation entre séances commerciales et séances non commerciales rendrait, si l'on en croit l'organisme public, cette double caisse nécessaire. Or, selon les dires de la maire citée par Le Parisien, les sommes trouvées au Méliès sont justement liées à ces « séances non commerciales : documentaires et scolaires ». Comme dans d'autres affaires soit disant judiciaires, le grand battage médiatique de la maire finira-t-il en baudruche dégonflée ?

 

Une fois de plus, il convient de noter que, mise dans une situation politique difficile au moment où ses absences de priorités politiques sont mises en cause jusque dans sa majorité, la maire de Montreuil tente de faire diversion en s'en prenant – comme toujours depuis son élection en 2008 - au personnel communal. Après la farce du COS où les accusations graves se terminent sans suite, alors qu'elle est attaquée par des membres de sa propre majorité, la maire utilise trois agents comme masque de fumée de sa vacuité politique. Ou alors la maire, forte d’Assises culturelles sans aucune conséquence pratique, procédant à des incantations sur la culture sans se donner les moyens de sa politique, entend-elle faire disparaître le dernier outil public qui faisait encore vivre le rayonnement culturel de notre ville ?

 

Nous pourrions espérer qu'il s'agisse de cette dernière option. Dominique Voynet aurait ainsi quelque chose à inscrire dans son bilan de mandat : la fin du dynamisme culturel montreuillois.

 

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L.F. 10/12/2012 00:55

Bonsoir,

Bien sûr cet article n'est que le témoignage d'une opposition évidente et, je n'en doute pas, légitimée face à la politique de D. Voynet.
Toutefois, il me semble déplacé de considérer d'entrée de jeu le cas du Méliès comme une -énième- manipulation politique visant à remeuter les foules.

Sans doute les faits sont graves, et la suspension de ces trois agents -parmi lesquels la vénérable figure de S.Goudet dont l'image se voit quelque peu entachée- témoigne de cette gravité et du
danger que ces agents peuvent potentiellement (présomption d'innocence toujours!) représenter pour le fonctionnement du cinéma.
Aussi, une telle décision aurait elle été prise si le CNC tolérait réellement de telles pratiques ? Car non, contrairement à ce que vous affirmez, elles ne sont pas monnaies courantes dans les
cinémas municipaux.

On ne peut pas tout excuser, tout légitimer, même gestion peut être frauduleuse et même détournement de fonds, en ayant pour seul motif de s'opposer inlassablement à l'exécutif en place.

Alors attendre l'évolution de l'enquête et la confirmation ou non de la culpabilité de ces agents pour déterminer si oui ou non il fallait taper sur cette plainte.