"Crise ouverte entre Voynet et son directeur de cinéma"

Publié le par Le Parisien

Nous reproduisons ci-dessous un article de Julien Duffé paru ce jour sur le site Internet du Parisien.

 

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Rien ne va plus au Méliès, à Montreuil. Le projet de nomination d’un codirecteur, à la suite de problèmes de management, a mis le feu aux poudres. Un préavis de grève a été déposé.

En juin 2013, le Méliès ouvrira dans le centre-ville de Montreuil. Six salles dernier cri, 1200 fauteuils, 350000 entrées attendues chaque année : « Le plus grand cinéma municipal art et essai de France » fait déjà saliver les cinéphiles. Pourtant, un an avant l’inauguration, rien ne va plus au Méliès qui nage en plein mélodrame.

La publication lors du Festival de Cannes de plusieurs appels à candidatures pour trouver un nouveau directeur du cinéma (notre édition du 23 mai) a mis le feu aux poudres. La municipalité a beau démentir depuis toute volonté de « débarquement » de Stéphane Goudet, emblématique responsable du Méliès depuis dix ans et critique reconnu, confirmant vouloir une « direction bicéphale » du futur multiplexe, la polémique ne dégonfle pas.

Mardi soir, un conseil du cinéma très houleux s’est tenu en présence de la maire (Europe Ecologie-les Verts) Dominique Voynet. Et, pour ajouter à la crise, quatorze des quinze agents du cinéma viennent de déposer un préavis de grève renouvelable pour le 15 juin déplorant leur « mal-être au travail ».

En réponse à la pétition de soutien signée par 1200 personnes dont de nombreux réalisateurs (Michel Gondry, Bertrand Tavernier, Walter Salles…), la municipalité assure au contraire tout faire pour « sauver le soldat Goudet » depuis des semaines. Et ce, malgré les « conclusions très sévères » d’une enquête administrative diligentée en janvier à la suite de la plainte d’un agent du cinéma sur le management de Stéphane Goudet.

« J’ai voulu le sauver, en échange de quoi j’en prends plein la figure, s’insurge Dominique Voynet. Il est parti en croisade contre la mairie. Vient un moment où la déloyauté a ses limites. Beaucoup d’agents me disent : Ce serait n’importe qui d’autre, il serait déjà débarqué. » D’autant, précise la mairie, que Stéphane Goudet s’occupe de la programmation et des débats du Méliès en plus de son poste de maître de conférence à l’université Paris-I grâce à un contrat sur mesure, renouvelé chaque année.

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Présidente de l’association Renc’Art au Méliès, qui réunit 450 fidèles spectateurs du cinéma, Jacqueline Jalladeau estime justement que c’est l’enquête administrative qui a tout déclenché. « Au lieu de prendre les gens entre quatre yeux, ils sont partis directement dans la procédure avec les dégâts qu’on connaît. »

Stéphane Goudet faisant valoir son devoir de réserve, Jacqueline Jalladeau se fait son avocate. « Il veut bien accepter la codirection, mais souhaite que ce soit acté. Pour l’instant, il n’y a que des paroles. » Et de vanter son action depuis 2002. « Stéphane Goudet n’a pas que des amis : certains l’appellent la Diva. Mais il a transformé le Méliès en quelque chose d’unique. Si autant de réalisateurs viennent à Montreuil présenter leurs films en avant-première, c’est grâce à lui. »

Comment sortir de ce qui ressemble aujourd’hui à une impasse? Pour Dominique Voynet, qui rappelle avoir mis 15 M€ dans le futur cinéma, la balle est aujourd’hui dans le camp de Stéphane Goudet. « Ça tourne mal, car l’intérêt du Méliès passe au second plan, explique la maire. Parfois, j’ai l’impression qu’il veut me pousser à le virer. Mais je tiens bon : je pense qu’on peut trouver une solution. »

Le Parisien



 

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