Débat à la Girandole (Montreuil) : la Culture dans les élections régionales

Publié le par Claire Pessin-Garric

Culture.jpgA l’initiative de Régine Ciprut (PCF), présidente de la maison populaire de Montreuil,  de Laura Laufer (gauche unitaire) critique cinéma et de Claire Pessin Garric (Parti de Gauche), ex élue à la culture de Montreuil et du Conseil général du 93, s’est tenue mardi soir 9 mars au théâtre de la Girandole à Montreuil une rencontre sur la culture dans le cadre des régionales et de la liste du Front de gauche «  Ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes… ».

 

Par leur présence, Francis Parny (PCF), vice-président à la culture de la région Ile-de-France, élu sortant et candidat, Henriette Zoughebi (PCF), conseillère régionale sortante  et candidate, Nicolas Voisin (Parti de Gauche), candidat, ainsi que des élus municipaux, Gaylord Le Chequer du CCM, Juliette Prados PG et Jean-Pierre Brard député,  ont ainsi acté de l’importance que la question culturelle revêt pour les politiques du Front de gauche.

 

Les échanges nourris, riches, dans un climat de grande écoute partagée entre des acteurs culturels, élus, candidats et des gens du mouvement associatif, syndical, engagés dans la vie locale montrent que ces questions concernent bien tout le monde.

Une cinquantaine de personnes présentes dont une vingtaine a pu exprimer ses convictions, débattre entre elles, souvent avec passion, toujours avec une grande franchise concernant les questions liées à la liberté des créateurs, à la diffusion des œuvres, à la nécessaire proximité des lieux culturels dans les quartiers, à leur juste répartition sur l’ensemble du territoire de la ville, au rôle essentiel de l’éducation qu’elle soit à l’école en restaurant les enseignements artistiques comme devant être aussi fondamentaux que ceux de la lecture, de l’écrit ou des mathématiques, ou qu’elle soit dans les lieux d’éducation populaire , éducation populaire qui mérite de trouver ses lettres de noblesse à côté de la culture au sein d’un même ministère.

Ont été évoqués également :

 - le lien entre les politiques et les artistes, ces derniers ne devant pas se faire instrumentaliser au service des premiers, les politiques devant impérativement respecter l’indépendance des créateurs,

- la liberté de création qui est menacée par les industries culturelles, à noter que celles-ci apparaissent dans les nouvelles directions du ministère de la culture !...

- les pratiques amateurs au contact des artistes,

- les résidences d’artistes qui ont fait débat quant à leur bien-fondé dans leurs modalités actuelles, trop souvent «  plaquées » et de trop courte durée,

- la nécessité des financements publics qui ne doivent pas pour autant entraver la marge de manœuvre des artistes, et de l’évaluation qui doit impérativement être concertée,

- la question très problématique des appels d’offres et des recours aux marchés publics systématiquement utilisés par les collectivités, logique de mise en concurrence au détriment du soutien par subvention à des projets aux objectifs partagés par les artistes et les financeurs.

Beaucoup d’autres thèmes ont été abordés et mériteraient à eux seuls une soirée entière :

Comment renouer les liens entre la culture et le monde du travail, comment éviter qu’on oppose le social au culturel quand les difficultés budgétaires posent la question des choix et des priorités de façon réductrice, comment ne pas oublier que l’être social est indissociable de l’être culturel... comment faire pour que l’accès à la culture pour tous devienne une réalité, en sachant qu’une politique sociale tarifaire, et que même la pratique amateur, ne suffisent pas à faire des spectateurs.

Impossible de faire état dans sa totalité de tous les sujets abordés, ce qui est à retenir c’est bien que cette rencontre répondait à une attente et qu’elle se doit d’être suivie par d’autres en respectant la même configuration politique des forces invitantes.

 

 

Laura Laufer, Régine Ciprut  et Claire Pessin Garric  ont donc pris l'engagement que cette rencontre, qui s'est tenue dans le cadre des élections régionales, devait s'inscrire dans un cycle d'autres réunions pour débattre des questions de fond concernant les politiques publiques de la culture, indépendamment d'enjeux électoraux immédiats.

Cycles de rencontres, suivi des évolutions des politiques publiques culturelles tant gouvernementales, que régionales, départementales et municipales, devraient pouvoir permettre à tous de nourrir une réflexion politique élaborée collectivement , et peut-être de devenir force de propositions…

Acteurs culturels, politiques, citoyens co-auteurs d'une politique publique culturelle… Ne s'agit-il pas là d'une véritable amorce d’une démocratie culturelle en marche ?

Publié dans En Ile de France...

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