Gestion de l'eau : quand la gauche se divise

Publié le par Riva Gherchanoc

photo riva blogBertrand Kern l'avait annoncé dans le Parisien : il renforcerait les mesures de sécurité lors du Conseil Communautaire du 30 novembre, date à laquelle était programmé le vote sur l’adhésion de la communauté d'agglomération au SEDIF.

 

Force est de constater que, parfois, l'homme tient ses promesses : c'est une trentaine de vigiles qui a été déployée pour accueillir le public venu nombreux au Palais des Fêtes de Romainville assister au Conseil.

Pour rentrer, il fallait montrer patte blanche, accepter fouille et palpation, et laisser les drapeaux au vestiaire.

Il faut dire qu'il avait été échaudé par le précédent conseil où le peuple (dangereux, cela va sans dire) avait surgi armé jusqu'au dents de pancartes et mégaphones et chantant des chansons aussi indécentes que « A la claire fontaine », entraînant ainsi un report de vote... et surtout attirant l'attention de la presse et donc de l'opinion publique sur une affaire que d'aucuns aimeraient bien passer sous silence.

Pour autant, il faut croire que ces mesures sécuritaires ne s'appliquaient pas à tout le monde : en effet, des militants socialistes avaient déjà pris place dans les rangs du public et attendaient tranquillement pendant que le reste de l'audience peinait à entrer.

 

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Après une heure de bagarre à l'extérieure pour accéder à la séance « publique », nous avons pu assister au débat contradictoire, les différents groupes politiques s’exprimant avant de passer au vote par appel nominal.

 

Tout d’abord, présentation de 2 scénarios à l’étude pour un retour en régie publique... mais pas avant le 1er janvier 2013. Incompréhension !

Pourquoi alors absolument adhérer aujourd’hui au SEDIF ? Pour le moment, c’est une convention provisoire qui rattache la communauté d’agglomération au SEDIF et sous contrôle du préfet de Seine Saint Denis pour assurer la fourniture d’eau. Si cette convention existe aujourd’hui pour quelques mois encore, ne peut elle pas durer plus longtemps ?

 

Ensuite, on nous assure d’une sortie possible dans 2 ans, en 2013, lorsque l’étude menée sur les 2 scénarios sera terminée. Pourquoi alors entrer aujourd’hui au SEDIF pour en sortir dans 2 ans ? Et dans 2 ans quid des conditions de résiliation d’un tel contrat? Contrat par ailleurs d’une durée de 12 ans a pu confirmé M.Santini, président du SEDIF. Si nos calculs sont bons, cela nous porterait en 2023 ! Quand même !

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On nous ment?

 

Il est néanmoins certain que la décision votée à la majorité par 53 voix sur les 91 votants est opaque, tout comme l’est le coût de la distribution de l’eau.

Parmi ces voix, on compte celles des élus socialistes, mais également celles de 6 élus communistes, dont la maire de Bobigny, Catherine Peyge.

Le vote de la minorité UMP et Modem allait bien évidemment dans le même sens, là dessus pas de surprise ! Un vote cohérent au vu de la politique nationale de casse sociale qui est menée par le gouvernement Fillon.

 

Mais des élus de gauche ? Incompréhension ! Oui encore ! Surtout à la veille d’échéances électorales telles les cantonales en mars 2011 et plus encore les législatives de 2012.

Les 400 000 consommateurs-usagers sauront sans nul doute s’en souvenir ! Ils se souviendront de la concertation minimaliste, et pour rappel, la note croissante des factures d’eau !

 

Car cette adhésion va nous coûter chère. Alors qu’Eau de Paris s’engageait dans le cadre d’une gestion publique à une stabilité des prix jusqu’en 2014, Véolia a d’ores et déjà annoncé une croissance régulière de ces tarifs par trimestre !

Sans compter le licenciement prévu de 500 salariés de Véolia, sous prétexte que celle-ci durant l’année passée avait effectivement baissé ses tarifs de 35%.

Ainsi Daniel Bernard, vice-président d’Est Ensemble et maire-adjoint de Bagnolet, élu du Parti de Gauche, rappelait cette logique du bénéfice pécuniaire permanent qui anime cette société, qui réalisera à nouveau 53% de marges bénéficiaires, et a demandé à juste titre, que malgré cette décision d’adhérer au SEDIF, à laquelle il s'est opposée, le conseil communautaire s’engage à obtenir des garanties quant à leur non-licenciement.

 

Comment peut on se satisfaire d’une telle situation qui va à l’encontre du plus grand nombre de la population de ce département. Classes populaires, familles, mères célibataires, un précariat qui gagne du terrain : où est la prise en compte de l’intérêt général ?

Le Parti de Gauche réclamait la tenue d’un référendum. Celui-ci n’a pas eu lieu ; pourtant les citoyens auraient pu ainsi choisir et se réapproprier cette question de l’eau qui appartient à tout à chacun. Bien au contraire, ils en ont été écartés.

 

Les élus, les militants et sympathisants du Parti de Gauche ne comptent pas se satisfaire d’un tel vote.

Nous continuerons sans faille à nous mobiliser pour toujours davantage sensibiliser les citoyens à cet important débat public et exigeons de fait transparence dans la gestion des deniers publics par Est Ensemble.

 

Nous n'avons pas remporté cette bataille, certes, mais nous ne nous résignons pas. Nous refusons de servir l’intérêt des actionnaires de Véolia, et continuons le combat d’un service de l’eau qui doit être rendu public. La révEAUlution citoyenne ne fait que commencer.  


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