Gestion publique de l’eau à Est-Ensemble : la bataille continue.

Publié le par Juliette Prados

 

ju2.jpgSuite à « l’appel pour une gestion publique de l’eau à Est-Ensemble » lancé en décembre dernier par le Parti de Gauche, un collectif s’est constitué associant plusieurs partis (Parti de Gauche, Alternatifs, FASE) et associations citoyennes (Bondy Autrement, Alter’agglo, collectif eau, coordination eau Île-de-France) pour poursuivre la bataille.

Jeudi 3 Juin, une première réunion publique s’est tenue à Bagnolet où le Parti de Gauche était représenté par Daniel Bernard, adjoint au Maire de Bagnolet et Vice-Président d’Est-Ensemble et Gabriel Amard, Président de la communauté d’agglomération les Lacs de l’Essonne, venu nous exposer les démarches entreprises pour mettre en place une régie publique de l’eau sur les communes de Grigny et Viry-Chatillon.

Je reproduis ci-dessous le compte-rendu effectué par Vincent Duguet sur le site www.expression93.fr.

De plus, j’étais invitée vendredi par TVM pour faire le point sur l’avancée de ce dossier.

 

 

Le contrat qui lie le SEDIF à VEOLIA est de 350 millions d’euros annuels, c’est le premier contrat de délégation en France et sans doute en Europe, dans le domaine de l’eau. Et c’est le premier aussi pour les « surfacturations » selon les enquêtes de l’UFC Que Choisir ?

 

Autant dire que les citoyens d’Est Ensemble sont enclins à s’interroger, voire à trouver une alternative à la gestion coûteuse de l’eau par le privé. D’autant que la démocratie n’est pas vraiment au rendez-vous : l’annonce de la reconduction de Véolia s’est faite dans la presse alors que le comité syndical ne se réunit que le 24 juin pour prendre sa décision...

C’est dans ce contexte qu’une réunion s’est tenue le jeudi 3 juin au Cin’Hoche de Bagnolet, rassemblant plus de soixante-dix personnes. Anne Le Strat et Gabriel Amard en étaient les invités d’honneur. Le volubile jeune homme et la très renseignée jeune femme ont apporté leur expertise aux participants qui n’en attendaient peut-être pas tant, habitués à des élus considérant le secret comme leur bien le plus précieux.

La maire-adjointe de Paris et le président de l’agglomération des Lacs de l’Essonne auront prouvé que la gestion publique est réalisable dans tous les cas, et particulièrement à Est Ensemble.

Ils rappellent que la partie eau (HT) de la facture varie de 1€ à 1,7€ le m3 entre Paris et le SEDIF.

L’argument massue des défenseurs du SEDIF et de VEOLIA est la peur que l’eau ne coule plus dans les robinets si nous fâchons nos deux gros « partenaires »... Ridicule pour les deux élus qui ont eu à affronter les mêmes menaces et se sont émancipés des griffes du privé. Si le SEDIF et VEOLIA voulaient même une seconde briser tous leurs efforts d’image en le faisant, la loi oblige l’Etat à y pourvoir et ils seraient réquisitionnés par le préfet...

Après la peur de la soif, les partisans honteux du privé jouent sur celle de la ruine. Ainsi il faudrait payer 21 millions d’euros pour récupérer les canalisations... Gabriel Amard y revient : la loi précise que les réseaux appartiennent aux communes. En revanche les villes sortant du SEDIF doivent continuer à rembourser les investissements dont elles ont bénéficié selon leur quote-part au sein du SEDIF. Pour Les Lacs de l’Essonne, cela fait 800.000 euros. Oh ! mais sur 15 ans... Et pour 70.000 habitants... Soit moins de 1€ par an et par habitant ! Ca fait déjà moins peur...

L’entretien des canalisations pose d’ailleurs problème : Daniel Bernard, élu PG de Bagnolet , raconte comment une voirie refaite a dû être cassée à cause de trois ruptures des canalisations. Peu importe les fuites pour le SEDIF ou VEOLIA : ils ne paient pas l’eau prélevée dans la nature, et si cela permet d’économiser sur l’entretien...

Dès lors, si c’est mieux, moins cher et plus écologique, pourquoi ne pas passer en gestion publique ?

C’est la question que les présents entendent porter avec une nouvelle pétition.

A noter qu’aucun élu du PC ni du PS d’Est ensemble n’est intervenu, aucun n’étant semble-t-il venu, alors qu’ils étaient tous invités.

S’ils veulent que leurs élus choisissent une gestion publique de l’eau à Est ensemble, les citoyens savent désormais à quoi s’en tenir : cela ne repose que sur eux.

C’est peu et c’est beaucoup.

par Vincent Duguet sur www.expression93.fr

Commenter cet article