Gestion publique de l'eau : le Parti de Gauche mène la bataille en Île-de-France

Publié le par Rédaction 93100 Dessus Dessous

NV.jpgCi-dessous un article publié ce matin sur le site national du Parti de Gauche.


Les comités du Parti de Gauche en Seine-Saint-Denis ont lancé au début de la semaine une campagne de pétition en faveur du retour en régie publique de l'eau dans plusieurs villes du département.


En effet, une opportunité historique est offerte dans neuf villes - Bagnolet, Bobigny, Bondy, Les Lilas, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin, Le Pré-Saint-Gervais, Romainville - à l'occasion de la création de la communauté d'agglomération « Est-Ensemble » (400.000 habitants).


Avec le transfert de la compétence « eau » à cette agglomération, et considérant que cette compétence est « optionnelle », l'adhésion au Syndicat des Eaux D'Île-de-France (SEDIF) dont les neuf villes sont actuellement membres n'est pas automatique. Il faut donc un vote pour que « Est-Ensemble » adhère en tant que telle au SEDIF.


Présidé par André Santini depuis un quart de siècle, le SEDIF est une institution entièrement « verrouillée » et totalement soumise aux intérêts financiers de l'entreprise monopolistique qui s'est appropriée depuis presque 90 ans ce bien public qu'est l'eau potable. Aujourd'hui, le service public de l'eau potable est délégué à la multinationale Veolia (Compagnie Générale des Eaux) dans 144 communes de la région Île-de-France. Avec près de 4 millions d'usagers, le « marché de l'eau » du SEDIF s'élève à un montant de 371 millions d'euros annuels, et Santini s'apprête cette année à signer le contrat de délégation à Veolia jusqu'à 2023 ! Le renouvellement du contrat provoque d'ailleurs une lutte féroce entre le délégataire historique et son principal concurrent Suez (voir article sur ce sujet), mais l'issue ne fait pas de doute quant au maintien de la situation actuelle marquée par des pratiques tarifaires contestées et une gestion très opaque.


C'est mardi 2 février que le conseil communautaire se réunira et l'examen de la question de l'eau est pour l'instant inscrit au premier point de l'ordre du jour. Comme l'explique le texte de la pétition, si l'adhésion au SEDIF est décidée, alors les villes de l'agglomération seront liées au contrat de délégation qui sera conclu le 1er janvier 2011 et dont la durée est prévue jusqu'en 2023. Cela reviendra à abandonner sans combattre le bien public aux intérêts financiers, à faire payer l'eau toujours plus chère aux consommateurs, dans une gestion opaque et peu soucieuse de l'intérêt général et de la préservation de cette ressource fragile.


Si l'adhésion est repoussée cela ouvre d'autres perspectives qu'il faudra alors construire.


L'an dernier, lors d'un vote scandaleux organisé dès le début de la négociation du contrat au sein du SEDIF pour choisir le principe du mode de gestion, une forte minorité de maire s'était prononcée pour le retour en gestion publique. C'est le cas des neuf maires des villes rassemblées dans l'agglomération « Est-Ensemble ». Il est donc a priori possible de convaincre les élus communautaires de repousser ce vote, sans risquer une interruption de service, car - comme cela est rappelé dans la pétition - la Loi prévoit que les communes peuvent être desservies en tant que simples « clientes ». Cela ouvrirait pour ces neuf communes, mais aussi au sein de la « forteresse » du SEDIF, et pour le pays tout entier une nouvelle situation dans le combat pour la défense du service public de l'eau.


Cette bataille peut être remportée. Elle est bien entendu portée au sein même de la communauté d'agglomération par les élus du Parti de Gauche et a d'ores et déjà provoqué des débats entre les différentes composantes politiques du futur conseil communautaire. Absolument rien n'oblige « Est Ensemble » à se précipiter pour prendre la décision d'adhérer. Dans une situation comparable, d'autres villes du SEDIF ont pris plus d'un an pour le faire. Mais par un récent courrier, André Santini (par ailleurs tête de liste de la droite dans les Hauts de Seine pour les élections régionales) cherche comme à son habitude à intimider les élus en recommandant étrangement de prendre la décision « avant le 30 janvier 2010 », alors que le conseil communautaire est prévu le 2 février (!).


Avec cette pétition, les citoyen-ne-s des neuf villes de la communauté d'agglomération Est-Ensemble tiennent donc dans leur main un moyen de changer la donne et pour préparer un retour en gestion publique de l'eau, bien commun de l'Humanité. Ils l'ont bien compris, car en quelques jours seulement, sans aucune autre communication que celle des réseaux militants, des centaines de signatures ont déjà été recueillies.


Mais comme on l'a compris, l'enjeu de cette pétition dépasse largement le cadre de la communauté « Est Ensemble », et elle peut être signée et diffusée largement dans tout le pays.


Retrouvez la pétition sur http://www.est-ensemble-93-pour-la-gestion-publique-de-l-eau.fr/ .

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