Hôpital André Grégoire : soyons vigilants !

Publié le par Juliette Prados

ju2.jpg Le 1er avril dernier, Patrice Lardeux, responsable CGT de l'Hopital Tenon, était venu présenter les conséquences de la loi Bachelot sur le service public de la santé, à l'invitation du collectif santé de Montreuil.

Dix mois plus tard, le 1er février 2012, le projet régional de santé qui en découle, mis en place par l'ARS sous l'égide de Claude Evin, va entrer en application à l'hôpital André Grégoire.

A la veille du Conseil d'administration de l'hôpital, il nous a semblé important de présenter les conséquences de ce (mauvais) plan.


Nos nuits sont moins belles que nos jours

Première disposition, et non des moindres, de la mise en application de la réforme : le bloc opératoire sera désormais fermé la nuit. Seuls un chirurgien et une infirmière de bloc resteront d'astreinte pour opérer les patients déjà hospitalisés si cela s'avère nécessaire. Pour tous les autres, les urgences chirurgicales fermeront leurs portes dès 20h et les patients seront priés de se rendre à... Aulnay sous Bois ! (avec un délestage prévu sur Saint-Denis). 

Si malgré tout vous vous présentez à l'hôpital intercommunal, et qu'il s'avère que votre opération puisse attendre le lendemain, vous serez peut-être pris en charge et hospitalisé pour la nuit... à condition que des lits soient libres, faute de quoi c'est le couloir qui vous attend !


et nos jours ne sont pas si beaux...

Pour ce qui est de l'organisation en journée, alors que jusqu'à présent 3 blocs étaient ouverts de 8h à 16h (après quoi les urgences de nuit prenaient le relais), ce sont désormais 4 salles d'opérations qui fonctionneront de 8h à 18h, dont une destinée aux urgences. De 18h à 20h 

Pour assurer le fonctionnement de cette nouvelle organisation, les besoins seraient les suivants :

  • 4 infirmièr(e)s journée
  • 1 coordinateur
  • 1 infirmièr(e) astreinte nuit
  • 1 aide op astreinte nuit
  • 1 infirmièr(e) 24h pour la maternité

Pour que ce dispositif fonctionne 7 jours sur 7, il faut donc compter sur 16 personnes à temps plein.

Or, à ce jour, seules 8 personnes sont en poste ! et la direction de l'hôpital ne s'est engagée qu'à recourir à 4 ou 5 intérimaires, au prétexte que l'hopital est en déficit.

Le personnel infirmier a demandé à intervenir lors du CA de demain pour faire part de son inquiétude... nous espérons que les élus qui y siègent, aussi bien Dominique Voynet (qui le préside) que Jean-Pierre Brard, qui n'ont pas hésité à monter au créneau pour dénoncer la réforme Bachelot, appuieront fortement cette demande.

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Le bonheur est dans le privé ?

Cette nouvelle organisation sera mise en place pour trois mois. Une période d'essai, donc, à l'issue de laquelle un bilan sera fait.

De ci de là, les inquiétudes se font entendre : et si le but de la manoeuvre n'était pas tout simplement de... fermer la chirurgie ? Une inquiétude qui se fonde également sur les rumeurs de plus en plus précises d'un éventuel partenariat avec la clinique Floreal.

Cette clinique privée bagnoletaise est en effet en grande difficulté financière et l'Agence régionale de Santé pourrait demander sa fermeture. Une réunion doit avoir lieu cette semaine pour étudier la faisabilité d'une installation de la clinique... dans les murs de l'hôpital André Grégoire !

Ils amèneraient leurs chirurgiens, leur personnel infirmier, leur clientèle... et bénéficieraient des locaux et du plateau technique. 

Une hypothèse qui confirme la volonté non déguisée de l'Etat de supprimer les praticiens hospitaliers, salariés au mois, pour favoriser le paiement à l'acte.

Une logique purement comptable que nous avons eu l'occasion de dénoncer à moults reprises, et donc les effets des premières mesures (franchises médicales notamment) se font cruellement sentir : aujourd'hui, les gens ne se soignent plus. Et lorsqu'ils finissent par se rendre à l'hopital, c'est bien souvent que leur état ne leur en laisse plus le choix.

Il est donc plus que jamais indispensable de ne pas laisser retomber notre vigilance. A ce propos, plusieurs personnes nous ont fait part de leurs craintes quant au maintien des IVG sur l'hôpital.

Nous y reviendrons très prochainement.



 


Publié dans En Seine-Saint-Denis

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