L'habit ne fait pas le moine... le logo ne fait pas le candidat !

Publié le par Juliette Prados

ju2.jpg On aurait pu faire la fête... A Montreuil, dimanche dernier, Jean-Pierre Brard recueillait 9582 voix, plus que Jean-Luc Mélenchon à la Présidentielle (9392), et enregistrait ainsi une progression de près de 2000 voix par rapport au premier tour des législatives 2007.

Pendant ce temps, Razzy Hammadi, candidat socialiste, faisait bien en-deça de la performance de Hollande à la présidentielle, en recueillant 6000 voix de moins que le nouveau président.

Las, c'était insuffisant. Très légèrement devancé à Montreuil (90 voix d'écart), Jean-Pierre Brard a été largement distancié à Bagnolet, où la population a sans doute traduit dans son vote le désamour qui l'oppose à Marc Everbecq, maire de la ville, dont une des adjointes avait été choisie par Jean-Pierre Brard comme suppléante. Les législatives, ou l'art de plomber des élections nationales par des considérations locales. 

Le propos de cette note n'est pas de s'étendre sur les causes de l'echec, nous aurons l'occasion d'y revenir, mais bien d'en mesurer les conséquences : nous perdons un député qui, tout au long de son mandat, a fait brillament résonner (et raisonner) les idées du Front de Gauche bien au-delà des frontières de Montreuil et de Bagnolet.

En effet, en vertu du désistement républicain qui prévaut (ou est censé prévaloir) à gauche, Jean-Pierre Brard a retiré sa candidature. Il ne concourra pas au second tour.

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Hier soir, les militants du Parti de Gauche étaient réunis en comité. J'avais prévu de donner une explication à la position qu'à pris le PG au niveau du département, position en faveur de ce désistement républicain (voir notre communiqué). 

Je craignais que la discussion ne soit dure, amère, comme c'est souvent le cas lorsque la question du retrait se pose. Le principe du désistement républicain en appelle à la raison, pas à l'affect, et il est parfois difficile de s'y résoudre au lendemain d'un scrutin... Je vous renvoie à l'excellent article de notre camarade Nathanaël Uhl sur son blog. Mais même si la pilule a été difficile à avaler, le récit de cette décision ainsi que les arguments échangés ont permis d'aborder la question sereinement.

 

L'ambiance, en revanche, s'est faite électrique lorsque la question du logo a été abordée. J'avais pris la responsabilité de ne pas accorder le logo du Parti de Gauche à Razzy Hammadi. Mes camarades en ont été plutôt reconnaissants. Nous savions que le PCF lui donnait le sien. Libre à eux. En revanche, l'utilisation du logo Front de Gauche par le candidat socialiste a provoqué une véritable incompréhension de la part des uns et des autres.

En effet, Razzy Hammadi, en tant qu'unique candidat restant en lice, sera quoi qu'il arrive élu. Et le retrait de Jean-Pierre Brard ne vaut en aucun cas soutien ! Depuis 2008, les socialistes n'ont de cesse de vouloir faire sonner le glas de la banlieue rouge, avec la complicité des Verts... Une complicité telle que Dominique Voynet en est venue à inventer sur la ville un accord qui n'existait même pas et a affiché son soutien au candidat socialiste ! (parfois, j'aimerais être psychanalyste, rien que pour me régaler des névroses de la social-démocratie montreuilloise !).

NON, Razzy Hammadi n'est pas le candidat du Front de Gauche ! Le Front de Gauche ne participe pas à la majorité présidentielle ! A ce que je sache, Hammadi ne s'est pas engagé à défendre le SMIC à 1700 euros, ni aucune autre des propositions qui marquent le clivage entre le Front de Gauche et le Parti Socialiste.

Nous reconnaissons que les électeurs de gauche de la circonscription l'ont mis en tête.

Nous en tirons toutes les conséquences.

Mais nous ne nous en remettons pas à lui pour porter nos idées. Le Front de Gauche n'a pas dit son dernier mot.

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