L'unité : Vue à la TV

Publié le par Juliette Prados

ju2.jpg Mélenchon chez Drucker, c'était l'événement du week-end ; au point que le Parisien a ouvert son édition du dimanche par une double page sur le président du Parti de Gauche.

Il faut dire que ces temps-ci, face à la machine à broyer le système social incarnée par notre gouvernement, les propositions d'une gauche radicale, sans compromis, résolument anti-capitaliste et décidée à prendre ses responsabilités trouvent de plus en plus facilement leur chemin vers la conscience populaire.

Les millions de manifestants qui ont arpenté et arpenteront encore les rues pour défendre notre système de retraite, le service public de la santé, le droit à l'avortement et plus largement l'ensemble de nos acquis aspirent à un nouveau souffle, une nouvelle gauche, combative et unie.

L'image de Martine Billard (PG), la montreuilloise Clémentine Autain (FASE) et Pierre Laurent (PCF) rassemblés ce dimanche après-midi, fût-ce sur un plateau de télé, laisse entrevoir la perspective de lendemains qui pourraient bien chanter.

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A Montreuil aussi, l'autre gauche est attendue. Lassée du spectacle d'une majorité éclatée qui, après une alliance de circonstance lors des dernières municipales, s'essouffle à présent dans un affrontement permanent, offrant le triste spectacle de joutes pathétiques entre Voynet et Viprey, les meilleures amies d'hier, la population ressasse son mécontentement.

La mise à mal des centres de santé, la gestion incompréhensible de la situation des Roms, la mise en chantier d'un éco-quartier dont aucune des jolies plaquettes en quadrichromie ne laisse supposer qu'il répondra aux problèmes réels des habitants du haut Montreuil, la baisse drastique de subventions à des associations longtemps garantes du maintien du tissu social dans la ville, l'absence d'une politique culturelle cohérente dans une ville qui regorge d'artistes et de projets, l’envolée de la fiscalité locale et le refus d’un soutien réel et concret aux luttes sociales, sont autant de raison pour les Montreuillois de s'inquiéter pour l'avenir de leur ville.

La « gauche vraiment » promise par Voynet et ses colistiers n'est plus qu'un lointain souvenir de campagne...

S'il est vrai que l'autre gauche a connu ces dernières années quelques revers, qui ont fait céder les digues du bastion de la banlieue rouge qu'était Montreuil (la perte du canton du bas Montreuil en 2004 au profit du socialiste Manuel Martinez et surtout la défaite de Jean-Pierre Brard lors des dernières municipales), elle a su recréer une nouvelle dynamique au travers du Front de Gauche ; les résultats des dernières échéances en attestent, que ce soit aux Européennes ou aux Régionales ; plus encore, les campagnes qui ont mené à ces succès ont permis à l'ensemble des militants de constater à quel point les Montreuillois étaient disponibles pour soutenir et contribuer à ce nouveau mouvement. Cette aspiration à faire vivre une vraie gauche se retrouve également dans les bons scores enregistrés sur la ville par le NPA.

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Cette dynamique a la capacité d'exister au-delà des périodes électorales. En témoignent les travaux menés dans le cadre des collectifs tels l'UCJS (Urgence climatique Justice Sociale), le collectif citoyen montreuillois de défense des retraites, le collectif pour un retour en gestion publique de l'eau, le collectif sans-papiers...

Cette dynamique d'unité, dont personne ne peut seul s'arroger la représentativité, gagnerait à s'amplifier à quelques mois des élections cantonales. Ces dernières seront pour les Séquano-Dionysiens l'occasion de redonner à leur département la politique à laquelle ils aspirent.

Le Conseil général n'est pas qu'une instance lointaine égarée du côté de Bobigny. Les décisions qui y sont prises affectent chaque jour les habitants : rénovation des collèges, subvention aux associations, politique sociale (notamment le RSA, la prévention sanitaire, la protection de l'enfance), culture... sont autant de domaines dans lequel il intervient et qui ont un impact sur notre quotidien. Or, sur ces terrains, l'alchimiste Claude Bartolone tente des expériences inquiétantes. Un des exemples les plus frappants reste le partenariat engagé avec BNP-Paribas pour financer les projets pédagogiques des collégiens, ou plus récemment par l'accord passé avec la fondation TF1 pour la mise en place de projets audiovisuels... un recours au privé systématique pour assurer des missions de service public d'autant plus inquiétant qu'il fait ainsi pénétrer les symboles du business et de la financiarisation au coeur même des établissements scolaires. Deux exemples parmi d'autres, à ajouter aux politiques aberrantes conduites en matière de culture ou d'action sociale, sur lesquelles nous aurons l'occasion de revenir.

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La Présidence de Claude Bartolone, représentée à Montreuil par la candidature du sortant Manuel Martinez , est l'illustration implacable d'une gauche qui s'égare, empêtrée dans une sociale démocratie incapable de trouver des solutions concrètes aux difficultés que rencontre chaque jour la population de Seine-Saint-Denis.

Face à ces dérives, l'unité vue à la télé gagnerait à s'affirmer hors des plateaux !

Malheureusement, plus l'enjeu se rapproche, plus l'unité s'effrite. Guerre des chefs, querelles de personnes et candidatures auto-proclamées font le lit du désarroi des Montreuillois. Comme si chacun cherchait avant tout à prendre une revanche sur un passé auquel on ne comprend plus grand chose, semant le germe d'un possible et regrettable échec, quand c'est vers l'avenir que chacun devrait regarder. De fait, aujourd'hui, les conditions d'un rassemblement le plus large possible dont le Front de Gauche serait le pivot ne sont pas réunies.

Face aux enjeux actuels, dans les batailles que nous menons, sur le terrain comme dans les urnes, il est encore temps de revoir notre copie ! Confrontons nos analyses, nos propositions, soyons les garants de l'unité à laquelle nous prétendons tous aspirer.

Ce que nous saurons réussir aujourd'hui préfigurera les échéances suivantes, et notamment municipales, qui bien que lointaines sont déjà dans l'esprit des Montreuillois.

Le Parti de Gauche est disponible pour contribuer à cette unité. Pour en discuter ensemble, il adressera dès aujourd'hui à l'ensemble des forces qui se revendiquent de « l'autre gauche » une invitation à se réunir lundi 22 novembre, à 20h30, au Centre de Loisirs Résistance.

Pour ma part, cette même démarche me conduit aujourd'hui à poser les premières pierre d'un groupe de rassemblement au sein du Conseil municipal, dans une démarche partagée par mes collègues Gaylord Le Chequer et Danièle Creachcadec, auquel je l'espère d'autres élus se joindront rapidement.

 

 

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PRAS Yves 09/11/2010 11:46


Comment ramener ce canton dans le giron d'une gauche de gauche?
En multipliant les candidatures?
En étant unitaires?
Ceux qui jouent perso ou qui roulent pour leur seule boutique, "qu'ils s'en aillent tous" !!!!