Les Miga, chronique d'une errance... 1ère partie

Publié le par Juliette Prados

Les Miga, chronique d'une errance... 1ère partie : quand la Ville s'engage.

 

ju2.jpg La famille Miga vit à Montreuil depuis 4 ans. 10 adultes et 5 enfants, sans papiers. Le plus jeune des enfants est né à Montreuil. Deux autres y sont scolarisés. Depuis un mois, la famille Miga est sans domicile. A la rue, littéralement. J'avais envie d' écrire la rage que m'inspire leur histoire... j'ai finalement décidé de relater simplement les faits. Ils parlent d'eux-mêmes...

 

Novembre 2010, la famille Miga reçoit un avis d'expulsion du domicile qu'elle occupe depuis 2008, au 24 rue du Sergent Godefroy à Montreuil. Il s'agit d'un squat, aussi la trêve hivernale ne s'applique pas. Aussitôt, les voisins s'organisent pour les aider, et lancent une pétition dans le quartier qui recueille rapidement plusieurs centaines de signatures.

Ils tentent de trouver un arrangement avec le propriétaire des lieux : les Miga sont prêts à payer un loyer leur permettant de rester dans les lieux le temps de trouver un autre logement.

Malheureusement, cette initiative ne sera pas suivie d'effet.

Forts de leurs soutiens, les voisins écrivent au Préfet et demandent l'aide de Dominique Voynet. Celle-ci prend également la plume pour réclamer que soit respectée la trêve hivernale.

Dans le même temps, on apprend qu'un des enfants souffre de saturnisme.

 

27 Décembre 2010, le préfet confirme la décision d'expulser, mais annonce que l'expulsion sera effective après le 16 mars. Petite victoire... léger sursis.


27 février 2011, la fin du sursis approche. Les Miga n'ont toujours pas trouvé de solution alternative. D'autant qu'ils souhaitent rester dans le même quartier, où ils sont bien intégrés, et où les enfants sont scolarisés. Leur instituteur les soutient d'ailleurs activement, et constate les progrès réalisés par les enfants. Les voisins décident de reprendre contact avec la Maire.

 

17 mars 2011, la Police se présente au domicile des Miga. Un des voisins, présent sur les lieux, contacte Dominique Voynet, qui parvient à empêcher l'expulsion.

 

20 mars 2011, les voisins interpellent de nouveau Dominique Voynet par courrier, accompagnant leur demande de rendez-vous d'un témoignage écrit de l'instituteur des enfants.

 

23 mars 2011 (entre-deux tours des élections cantonales), Dominique Voynet se rend au domicile des Miga, accompagnée de Catherine Pilon, maire-adjointe, candidate sur le canton.

Elle propose aux voisins de « s'associer » au sein d'une SCI pour acquérir le pavillon. Elle propose de se mettre en relation avec le propriétaire pour lui proposer cette solution.

 

12 avril 2011, un inspecteur de France Domaine, accompagné par le responsable de la mission saturnisme, vient estimer le bien de la maison.

 

22 avril 2011, 7h du matin, veille du week-end de pâques, les Miga sont expulsés. Immédiatement, une porte blindée est installée.

 

A suivre : deuxième partie, quand la Ville se désengage...

 

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Publié dans Coups de calcaire...

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