Mais sur quelles terres Madame Voynet laboure-t-elle ?

Publié le par Juliette Prados

ju2.jpgLa commémoration du 8 mai 1945, qui célèbre la fin de la seconde guerre mondiale par la capitulation de l'Allemagne sans condition, rassemble traditionnellement de nombreux citoyens.

La cérémonie d'aujourd'hui n'a pas dérogé a la règle : les Montreuillois étaient nombreux pour rendre hommage aux nombreuses victimes du nazisme, et saluer la mémoire des combattants, civils et militaires, qui ont permis à la liberté de l'emporter sur la haine.

 

Malheureusement, depuis quelques mois, ces cérémonies se font le théâtre du duel que se livrent en permanence Jean-Pierre Brard, ancien maire mais toujours député, et Dominique Voynet, sénatrice et actuelle maire. Ainsi les discours se teintent régulièrement de rancœur tenace pour l'un tandis que l'autre se pose en donneuse de leçon... Un cérémonial fatiguant pour les Montreuillois qui se lassent de compter les coups... en attendant le dérapage.

 

Aujourd'hui, le dérapage a eu lieu. Alors que Jean-Pierre Brard nous a livré un discours relativement sobre, prenant le temps d'alerter sur l'inquiétude à avoir face à la montée du Front national, apportant un éclairage essentiel sur les manœuvres de Marine Le Pen en rappelant les procédés du National-Socialisme dans l'Allemagne des années 30 (discours d'ailleurs moqué sans discrétion dans les rangs de certains élus de la majorité municipale), Dominique Voynet, elle, a choisi de pointer parmi les ennemis de la liberté et la démocratie... Jean-Luc Mélenchon. Accusant ainsi « cet ancien ministre, qui mobilise ses partisans sur le slogan « qu'il s'en aillent tous », d'attiser haine et tensions en se livrant au jeu du populisme.

 

Tout d'abord, dénoncer le slogan est une ineptie. « Qu'ils s'en aillent tous » est la traduction du « Que se Vayan Todos » crié par le peuple Argentin durant l'hiver 2001-2002, exaspéré par la corruption de ses dirigeants et leur incapacité à résoudre la crise qui les frappait. Dominique Voynet ne peut l'ignorer, et c'est sciemment qu'elle y donne un autre sens pour le parer de supposés relents nauséabonds  ; elle s'est d'ailleurs bien gardée de fustiger le « dégage ! » des protagonistes des révolutions arabes, pourtant tout aussi explicite et porteur de la même signification.

 

Ces propos ne peuvent que nous rappeler ceux tenus quelques mois plus tôt par Daniel Cohn-Bendit, qui accusait Jean-Luc Mélenchon de « labourer sur les terres du FN ». Un amalgame écœurant dans lequel d'autres ne se sont pas gênés de s'engouffrer, pensant ainsi discréditer Mélenchon alors qu'au contraire ils rendaient ainsi la Le Pen présentable, en lui faisant l'honneur de la mettre au même rang qu'un républicain convaincu, ancien Ministre, défenseur infatigable de l'intérêt général et ayant sans rêpit combattu le Front national.

Surtout, ce type d'accusation fait l'impasse sur une réalité inquiétante : c'est bien le Front national qui, sans scrupule aucun, laboure les terres du vote d'une classe ouvrière qu'il prétend défendre alors-même que l'ensemble de son programme respire la soumission à l'intérêt de la grande bourgeoisie.

 

Lorsque les partis xénophobes s'emparent de la question sociale, le terreau est fertile pour que germe le national-socialisme. C'est cela qu'il convenait de rappeler en ce 8 mai, comme l'a très justement fait Jean-Pierre Brard.

 

Malheureusement, Dominique Voynet semble s'être choisie d'autres ennemis. Des ennemis de gauche. Plus à gauche qu'elle, et c'est sans doute cela qui la perturbe.

 

Des ennemis de classe, en somme...

Publié dans Coups de calcaire...

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kamel 09/05/2011 11:52


un riche laboureur sentant sa mort prochaine .........
( la fontaine ..)