Montreuil : la majorité municipale se disloque - Décryptage et perspectives pour la gauche

Publié le par Juliette Prados & Nicolas Voisin

Amie lectrice, ami lecteur, le billet qui suit est long et nous vous invitons à prendre le temps de le lire jusqu’au bout.


Dans cette note, nous parlons du nouveau paroxysme que connaît la vie politique montreuilloise depuis la semaine dernière, et des perspectives pour la recomposition de la gauche. Cela impose qu’on prenne le temps de réfléchir un peu, pour comprendre d’où vient cette nouvelle crise, et envisager la suite. Notre analyse n’est pas impartiale, et nous l’assumons : nous sommes des militants politiques engagés dans la réalité que nous décrivons et sur laquelle nous tâchons d’intervenir. Mais nous nous efforçons d’argumenter aussi précisément que possible notre point de vue. Chacun jugera…

 

 


 


suspensionMoins de deux ans après la victoire de Dominique Voynet à Montreuil, la majorité municipale a implosé. En effet, une dizaine d’élus regroupés autour des ex-socialistes, amis de Claude Bartolone (Président PS du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis), a décidé de boycotter le Conseil Municipal du jeudi 18 février à l’occasion duquel le budget de la Ville et le Plan Local d’Urbanisme devaient être présentés et votés. Le lendemain, Dominique Voynet a répliqué en retirant leurs délégations à ces élus, les excluant de facto de sa majorité municipale, confirmant la constitution d’un nouveau « groupe des élus socialistes et citoyens de la majorité » dont on ignorait l’existence jusqu’à la publication d’un communiqué ainsi signé et daté du jeudi 18 février à 19h46.

 

Une crise qui vient de loin…


Cette crise survient dans un contexte local très tendu marqué notamment :

  • - par le malaise grandissant d’une population montreuilloise, subissant de plein fouet la crise économique, agressée quotidiennement par la politique de la droite, et désorientée par une gestion municipale incohérente menée depuis 2008, fondée sur le démantèlement d’outils importants d’intervention urbaine, sociale et culturelle de la ville (fermeture d’un centre de santé, baisses de subventions aux associations…) ;
  • - par l’exaspération des agents communaux ne supportant plus la baisse des effectifs, la précarité des emplois, l’amateurisme du suivi politique et la brutalité dans la gestion des ressources humaines… c’est ainsi qu’ils ont déclenché le 18 février une grève, soutenue par l’ensemble des syndicats, suivie à près de 80% des personnels, paralysant complètement les services, avec une manifestation de plus de 1000 personnes sous les fenêtres de la mairie ;
  • - mais aussi par la confrontation politique de la campagne pour les élections régionales, à l’occasion de laquelle la majorité municipale se divise en soutenant des listes différentes, annonçant une concurrence directe lors des cantonales de 2011, des législatives de 2012, voire des municipales de 2014 (si l’on en croit un récent article de presse).

 

Cette implosion de la municipalité conduite par Dominique Voynet n’est pas une surprise.


Un certain nombre de signes montraient depuis plus d’un an que de profondes dissensions  internes existaient. Par exemple sur la gestion de la Maitrise d’Œuvre Urbaine et Sociale (MOUS) mise en place en réponse à la situation d’urgence vécue par les Roms au lendemain de l’incendie de la rue Dombasle. De même à l’occasion de l’attribution de nouvelles délégations à certains conseillers municipaux lors du conseil municipal du 24 septembre 2009, où un vote à bulletin secret exigé par les ex-socialistes, amis de Claude Bartolone, conduisait à la mise en minorité de Dominique Voynet (24 bulletins exprimés et 29 blancs et nul). Enfin, il y a quelques jours, la mise en place du conseil communautaire de l’Agglomération Est-Ensemble a donné lieu à de très dures tractations, avec l’incapacité de la majorité municipale de Montreuil à se mettre d’accord sur la répartition des postes intercommunaux, ces chikayas montreuilloises contraignant même l’agglomération au report de 15 jours de son premier conseil.


Une semaine avant le conseil municipal de la rupture du 18 février 2010, un dossier de six pages était publié par l’hebdomadaire libéral l’Express sous le titre Le Système Voynet, présentant un tableau particulièrement sombre du fonctionnement de la municipalité issue des élections de 2008 (voir ici l’article consacré la semaine dernière à ce dossier). Cet article très désespérant, n’accordant que très peu de place à la vie sociale et citoyenne de la ville, se délectait en revanche des manœuvres politiciennes entre les différentes factions politiques de « l’équipe » municipale. En 2008, la liste conduite par Dominique Voynet nous promettait de faire de la politique autrement… triste désillusion pour ceux qui y ont cru.


C’est ainsi, par cette voie de presse très « pipolitique » de l’Express, qu’on apprenait « l’équilibre de la terreur » régnant dans cette municipalité et les considérables ambitions personnelles des ex-socialistes Mouna Viprey et Manuel Martinez, (respectivement 1ère adjointe et conseiller général) : l’une exigeant d’être candidate unique lors des législatives de 2012, l’autre – inquiet de voir se rapprocher l’élection cantonale de 2011 où son mandat sera remis en jeu – se voyant déjà maire de la ville dès 2014. Car c’est bien cela – et rien d’autre – qui se joue aujourd’hui avec l’implosion de la majorité municipale : les protagonistes tenteront sans doute d’habiller la rupture avec des désaccords de fond (sur la fiscalité, sur la gestion du dossier Rom, sur la gestion des personnels…), mais personne ne sera dupe des motivations réelles de la discorde.

 

… de très loin !


Mais au-delà de ces chamailleries pathétiques sur les plans de carrières de ces personnages, au-delà de ces déloyautés affligeantes et répétées (on se souvient que Manuel Martinez était maire adjoint de Jean-Pierre Brard lors des mandats 1995-2008, et qu’il s’était déjà illustré en torpillant à plusieurs reprises sa propre majorité, jusqu’à son retournement d’alliance en 2008 pour faire gagner Dominique Voynet), il faut observer de près la réalité de cette majorité municipale issue des élections de 2008.


Chacun comprend désormais – au regard des événements actuels – qu’il s’agissait avant tout d’une liste bâtie sur une coalition de circonstance, constituée fin 2007, visant à abattre la municipalité sortante d’union de la gauche. Le rejet de la personnalité du maire sortant Jean-Pierre Brard était évidemment le ciment principal – et facilement trouvé – de cette alliance.


C’était aussi le rejet d’une certaine conception de la gauche sociale, républicaine et laïque jugée « ringarde et dépassée », au profit d’une démarche autoproclamée « moderne et innovante », rapprochant le mouvement écologiste et la sociale-démocratie (les dissidents socialistes de 2008 sont issus des courants fabiusien et strauss-kahnien) n’hésitant pas à dialoguer avec le MoDem, mobilisant des mouvements communautaristes implantés dans la ville et polarisant massivement les électeurs de droite au deuxième tour de mars 2008.


Enfin, on observera que sur les 41 élus de l’ex-majorité de Dominique Voynet, seuls 12 étaient affiliés à un parti politique (les 12 élus Verts, dont 5 adjoints), c'est-à-dire impliqués dans une histoire collective et une démarche politique globale développant une orientation connue et une stratégie cohérente. Tous les autres étaient soit des dissidents du PS organisés en association politique locale, soit des individus représentants de la société civile. Par ailleurs, Dominique Voynet avait fait le choix en 2008 de ne pas permettre la structuration du débat politique interne, en interdisant la constitution de « groupes d’élus ». C’était un choix conscient qui a été fait par cette mouvance hétéroclite, officiellement au nom de la « modernité », mais en réalité en espérant étouffer les contradictions qui se déchainent aujourd’hui.

 

Un nouveau départ de la vie municipale à Montreuil ?


Au lendemain de ces événements, c’est une certitude, des « mouvements tectoniques » vont se produire dans le paysage de la gauche montreuilloise.


On peut entrevoir déjà la tentation des deux blocs de l’ex majorité municipale qui viennent de se séparer d’organiser le monde autour d’eux, se disputant l’hégémonie dans une nouvelle dualité. C’est cette histoire qu’a commencé à nous raconter l’hebdomadaire libéral l’Express la semaine dernière. C’est ce storytelling que les communicants modernes de la pipolitique s’apprêtent à vendre aux montreuillois, se délectant déjà de l’affrontement de demain entre « Mouna et Dominique », se substituant au duel entre « Dominique et Jean-Pierre », et  qui fera vendre des journaux et des sondages !


Que tout cela soit très éloigné des préoccupations sociales, écologiques, culturelles et démocratiques du petit peuple de cette ville n’est sans doute pas un problème pour ces alchimistes de la République. Et il y a peut-être quelque chose de bien commode dans ce scénario pour les apprentis sorciers de la modernité politique : l’élimination du paysage de la gauche antilibérale… Mais il y a des réalités qu’on ne peut faire disparaître d’un coup de baguette magique dans une ville politisée et rebelle comme l’est Montreuil… on y reviendra.


Quelques mots sur ces deux blocs qui se séparent…


Du côté social-démocrate, on assiste dans le « laboratoire montreuillois » à une illustration caricaturale de ce à quoi peut conduire l’aventurisme politicien qui domine désormais le Parti Socialiste. Au niveau national, on a compris que la vie de ce parti se réduit à l’éternelle guerre des égos dans une course la surenchère sociale-libérale (pour la retraite à 62 ans ici, pour l'alliance avec le MoDem là, pour le soutien au Traité Européen de Lisbonne partout…) pour préparer les présidentielles.  En Auvergne, en Languedoc-Roussillon, on voit à quel spectacle pathétique tout cela a conduit.


A Montreuil, l’étiquette « socialiste » n’est pas moins maltraitée et elle se trouve donc disputée par trois factions rivales depuis la semaine dernière :


  • - la dizaine d’élus regroupés autour de Mouna Viprey et Manuel Martinez et autoproclamée « groupe des élus socialistes et citoyens de la majorité » ;
  • - quatre dissidents PS de 2008 qui ont choisi de rester fidèles à Dominique Voynet (désignés dans le communiqué des Verts « socialistes fidèles au pacte majoritaire ») ;
  • - et ce qui reste de la section « officielle » du PS montreuillois représentée au conseil municipal par 3 élus « de la minorité municipale » opposée à Dominique Voynet en 2008 (dont le conseiller général du canton Nord).


Grotesque pagaille ! Ridicule dispute ! Qui serait comique si ce n’était pas la grande idée socialiste de Jean Jaurès que ces gens s’appliquent ainsi à piétiner !


Nul doute que sous l’impulsion de Claude Bartolone et de la direction départementale du PS, une réunification s’opèrera dans les prochaines semaines – peut-être d’ici quelques mois – au sein de la section socialiste de Montreuil. Cela consacrera officiellement le retour en grâce des dissidents exclus (pour la forme !) en 2008 qui s’empareront sans peine de l’appareil politique dont ils ont besoin pour servir leurs ambitions personnelles lors des rendez-vous élections des 4 prochaines années. Cela va s’accomplir à coup sûr, en dépit des très fortes réticences affichées par les responsables actuels de la section « officielle » qui craignent – avec raison – de se voir expropriés par d’anciens dissidents, non seulement de leur parti, mais aussi de leur  identité politique.


Le triste spectacle de cette petite cuisine politicienne, dont on ignore complètement au nom de quelles valeurs elle est cuisinée, éclaire d’une lumière crue la faillite politique dans laquelle sombre partout le PS, devenu désormais une froide mécanique électorale, au seul service des ambitions d’une élite entièrement acquise au social-libéralisme. Cela confirme le bien fondé du choix fait en novembre 2008 par une cinquantaine de militants socialistes de cette section montreuilloise de quitter ce parti pour participer à la fondation du Parti de Gauche avec Jean-Luc Mélenchon. Si les choses se passent comme nous le prévoyons, nous nous attendons à de nouveaux départs des militants socialistes qui ne supporteront pas de devenir les otages – et les cautions – d’une telle manœuvre pilotée par la direction départementale.

 

Du côté de Dominique Voynet, les choses ne semblent pas plus simples.


Elle a choisi de trancher dans le vif dès le lendemain du conseil municipal du 18 février, en répliquant très fermement par le retrait des délégations de ses maires-adjoints déloyaux sur le vote du budget et en les rejetant de son « pacte majoritaire ». Elle est parvenue à faire adopter cette décision par l’unanimité de ce qui reste de son groupe : un vote solennel a été prononcé vendredi 19 lors d’une réunion de crise, réunissant 30 voix.


30 voix demeurent une majorité absolue dans un conseil municipal de 53 membres… mais il s’agit d’une majorité fragilisée, dont le ciment politique reste – comme on l’a vu – instable et fondé sur une société civile par nature imprévisible (on notera par exemple que l’un des maires-adjoints « société civile » n’a pas voté le budget, pour d’autres raisons que les autres).

Dans ce contexte, ce sont les Verts, avec leur groupe de 12 élus et leur structuration politique incontestable à Montreuil, qui deviennent le pivot incontournable de la majorité municipale recomposée. Il faut donc observer de près leur attitude depuis la rupture.


C’est la section des Verts à Montreuil qui a diffusé le premier communiqué expliquant la situation au lendemain du conseil municipal du 18 février, sous le titre « MONTREUIL : Mouna Viprey et Manuel Martinez plantent un coup de canif dans le pacte de la majorité municipale » et sous la signature des deux co-secrétaires Benoit Ducasse, et Alexis Prokopiev, qui ne sont pas des élus municipaux.


Rencontrés sur le marché de la Croix de Chavaux dimanche matin (campagne régionale oblige) des élus Verts comme Patrick Petitjean et Claude Resznik (militants "historiques" des Verts à Montreuil...) ont tenu à nous présenter la rupture comme un immense soulagement, un heureux dénouement d’une atroce expérience politique faite de compromis et de coups tordus !


Sur le blog personnel de Patrick Petitjean (inactif depuis l’été 2009, mais soudain réactivé) la tonalité est bien celle-là, évoquant « les limites d'une recomposition politique "à gauche" » du début du mandat municipal de Dominique Voynet, dénonçant « des mois de chantage ou de menaces », regrettant que les ex-socialistes n’aient eu que « Dominique Voynet comme interlocutrice », et concluant sur l’espoir que « La politique municipale y gagnera davantage de lisibilité, … et le groupe majoritaire davantage de convivialité ».


Ainsi, les Verts de Montreuil prennent-ils soudain conscience de la responsabilité qu’ils portent – qu’ils partagent, disons – dans la crise profonde de la gauche qu’ils ont provoquée depuis 2008, et essaient maintenant d’opérer un revirement assez extraordinaire… et l’aveu contenu dans ces déclarations « vaut son pesant de cacahuètes » !


Il faut bien lire et comprendre ce qu’écrivent les Verts… Nous traduisons : Dominique Voynet a commis l’erreur de se laisser prendre au jeu des alliances sans principe et des compromissions avec les sociaux-démocrates, la coalition de 2008 est un échec et il est heureux qu’elle se termine, la majorité municipale reprise en main politiquement par le parti Les Verts et débarrassée du boulet que représentaient les socialistes déloyaux va pouvoir enfin changer d’orientation et améliorer la vie des montreuillois.


Et le communiqué des Verts de conclure sur leur détermination « à œuvrer à l’élargissement du rassemblement de la gauche et des écologistes dans la ville. »


Bigre ! On se pince pour y croire… mais puisque la lumière de la lucidité semble irradier soudain nos amis Verts, eh bien d’accord : discutons ! Voyons quel virage pourrait prendre soudainement l’orientation et la stratégie politique de cette municipalité ainsi libérée des regrettables compromissions politiciennes.


Malheureusement, Dominique Voynet persiste et signe…


Ce qui se passe au sein de la municipalité à Montreuil nous interpelle et nous allons observer de près comment Dominique Voynet qui se retrouve confrontée à une très grave crise à peine deux ans après son élection va réagir, se retrouvant désormais directement menacée par une offensive brutale menée par des sociaux-démocrates qui seront massivement soutenus par l’appareil du PS.


Va-t-elle – comme semblent vouloir le faire les Verts – chercher à se repositionner et à changer une orientation politique qui provoque de plus en plus de mécontentement dans la population et chez les agents municipaux ? Elle ne semble pas en prendre le chemin : lundi 22 février, un nouveau communiqué a été publié, signé cette fois-ci des 30 élus de ce qui reste de sa majorité (société civile et Verts).


On retrouve malheureusement les refrains habituels tournant en boucle depuis deux ans dans les discours de Dominique Voynet et de Mouna Viprey, sur l’impossibilité de mener une autre politique que celle fondée sur l’austérité et les renoncements qu’ils ont engagée ensemble depuis 2008, justifiant cela – comme d’habitude – par le « niveau extrêmement élevé de la dette de la commune, contractée par la municipalité précédente », les « retards accablants pris par nos prédécesseurs dans la modernisation du service public local », l’ « aggravation de la situation sociale de nombreux Montreuillois en raison des crises » ; les « revendications pressantes du personnel communal » (sic !), tout cela ne « permett[ant] pas de tenir les engagements pris pendant la campagne de mars 2008 ».


Réduisant le désaccord avec les ex-socialistes à la seule question fiscale, le communiqué de la nouvelle majorité affirme : « il fallait recourir à une hausse des impôts, modérée et la plus équitable possible. Il a donc été convenu de la nécessité de cette hausse modérée, sachant que plus de la moitié des Montreuillois sont exonérés de la taxe d'habitation ».


Et le communiqué de conclure : « Malgré tout, le dialogue n'est pas fermé [avec les ex-socialistes regroupés autour de Mouna Viprey] : nous voulons, nous pouvons, travailler ensemble sur la base d'un projet commun, ce projet que les Montreuillois ont choisi, auquel les différentes sensibilités de la majorité restent attachées, et que nous avons commencé à mener à bien, même, et surtout, si nous affrontons aujourd'hui un contexte difficile, tant au plan local que national. »


Ainsi, la politique engagée en 2008 devrait se poursuivre avec la remise en cause de l’interventionnisme social de la précédente municipalité, se traduisant par la désindustrialisation de la ville, le laisser-faire dans l’immobilier conduisant à l’expulsion des classes populaires, le démantèlement des centres de santé, les baisses de subventions aux associations qui conduisent certaines au dépôt de bilan (Murs à Pêches, Instants Chavirés…),  l’augmentation des tarifs du cinéma Méliès, la généralisation du stationnement payant, la précarisation et la gestion brutale des personnels municipaux, et toujours le dénigrement de l’histoire sociale de Montreuil (les lieux de mémoire, les commémorations républicaines)…


Fermez le ban ! La porte entrouverte vendredi par les Verts s’est vite refermée. Plus de trace de l’autocritique admise dans les écrits des Verts et de Patrick Petitjean, plus de grand changement de politique, plus aucun projet quant à « l’élargissement du rassemblement de la gauche et des écologistes dans la ville »…


L’avenir de la Gauche à Montreuil comme ailleurs, c’est dans l’unité et sur des principes clairs qu’il se construira !


Eh bien nous, au Parti de Gauche, nous sommes volontaires et disponibles pour construire ce rassemblement politique dont la gauche, à Montreuil comme partout, a besoin sur des bases claires.


Mais le rassemblement de la gauche ne se décrète pas à coup de communiqués de presse unilatéraux, en offrant des strapontins et encore moins avec un révolver braqué sur la tempe des éventuels volontaires pour l’unité. On connaît cette méthode avec l’attitude hégémonique du Parti Socialiste dans notre pays, méprisant et instrumentalisant ses partenaires depuis des années.


Sauf que cette hégémonie est aujourd’hui remise en cause, notamment depuis les dernières élections européennes, tant par l’émergence du projet politique du Front de Gauche que par le joli coup électoral réussi par Europe Ecologie. Désormais, il n’y a plus dans la tête des électeurs de gauche l’évidence d’un « vote utile » qui profiterait mécaniquement au Parti Socialiste. Le vote utile pour la gauche aujourd’hui, chacun comprend que c’est au premier tour des élections qu’il peut se réaliser, pour changer la gauche en clarifiant son orientation sur des questions décisives, et créer – dès lors – les conditions pour battre la droite, en rompant avec la politique de droite et en construisant un véritable projet pour une autre société solidaire, écologique et républicaine.


A Montreuil, aucune force de gauche ne peut aujourd’hui revendiquer une position hégémonique et si une perspective de rassemblement doit être ouverte après 10 années de divisions systématiquement entretenues et de manœuvres déloyales conduisant, finalement, à l’échec de « la recomposition à gauche » reconnu par les Verts et Patrick Petitjean, alors elle ne peut l’être que sur des bases claires, dans le respect des forces en présences et dans le cadre d’un débat argumenté.


C’est sur cette base que, depuis sa fondation il y a un peu plus d’un an, le Parti de Gauche s’efforce de travailler à la transformation de la gauche. C’est ainsi que le Front de Gauche s’est constitué à l’occasion des Européennes avec le Parti Communiste Français, le Parti de Gauche et la Gauche Unitaire, et qu’il s’est élargi aujourd’hui avec toutes les sensibilités réunies dans les listes « Ensemble pour des régions à Gauche ». Voilà comment se (re)construit patiemment l’unité de la Gauche !


C’est ainsi qu’à Montreuil, une dynamique politique à gauche s’est mise en œuvre entre le Parti de Gauche, le Parti Communiste Français, la Gauche Unitaire, le Mouvement Politique pour l’Education Populaire (MPEP), le Comité des Citoyens Montreuillois (CCM) s’exprimant dans les listes « Ensemble… » aux régionales. C’est ainsi que le Parti de Gauche entretient un dialogue permanent et fraternel avec la Fédération pour l’Alternative Sociale et Ecologiste (FASE) et le Nouveau Parti Anticapitaliste, multipliant les actions communes tant sur les questions municipales (avec les élus FASE notamment) que sur les batailles nationales où nous nous retrouvons très régulièrement. Autant d’occasion de débattre et d’argumenter sur le fond, mais aussi d’éprouver notre capacité à mener des actions communes, utiles pour l’intérêt général, et susceptibles de déboucher sur une alternative gouvernementale, tant à Montreuil qu’au niveau national.


Au Parti de Gauche, nous ne cherchons pas à dissimuler notre intention politique dans cette démarche : il s’agit d’ici 2012 de réunir ce que les uns appellent « la gauche radicale », les autres « la gauche de la gauche » et que nous appelons pour notre part « l’autre gauche » pour changer toute la gauche et battre la droite. Nous ne faisons aucune exclusive a priori dans le choix des interlocuteurs.


Cette autre Gauche, n’en déplaise à l’hebdomadaire libéral l’Express, est forte à Montreuil. Elle n’est évidemment pas réduite à une seule personnalité. Elle est diverse, composée de femmes et d’hommes engagés dans la cité, capables de se mettre au service d’un projet collectif pour l’avenir de la gauche, elle se renforce et s’élargit jour après jour. L’Autre gauche se prépare à affronter unie les épreuves qui viennent pour battre la droite et changer la gauche.


Dans quelques semaines, le peuple interviendra dans ce débat et s’exprimera par le suffrage universel. Le résultat à Montreuil comme ailleurs devra être observé de près.


Dans la crise municipale ouverte depuis la semaine dernière, nous voulons voir un signe – furtif mais remarqué – du côté des Verts de Montreuil, montrant peut-être une envie de dialoguer dans le cadre d’une gauche tout à la fois écologiste, sociale, antilibérale et républicaine… C’est peut-être une heureuse nouvelle. Certes, la ficelle utilisée dans leur communiqué était un peu grosse, mais nous voulons retenir l’intention… Pourquoi pas ? Si des choses doivent changer à Montreuil, cela va devoir se voir, et très vite ! Car nous ne connaissons que trop la formule du personnage Lampedusa dans le roman le Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change ». Pour le moment, l’expression de la municipalité de Dominique Voynet ressemble plutôt à cela.

 

 

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DESRUES 15/03/2010 07:01


Bonjour ! Un petite correction : la section socialiste actuelle, dirigée par Alexie LORCA, a considérablement changée et nombre et en qualité depuis votre départ (et ceux des apprentis BESSON de
Montreuil....). Et cela changera bien des choses, croyez-moi, le moment venu ! Je note quand même une approche de ce qui se passe à Montreuil un peu trop politicienne, dans un sens guerre des
gangs, ce qui me surprend, car déconnecté de la réalité sociale montreuilloise...Il a mieux à dire sur ce qui arrive, mieux à fouiller, non ?


S.idéaux 10/03/2010 14:51


De la pédagogie, toujours de la pédagogie!!!
Merci pour ce quart d'heure vivifiant...


des pas perdus 27/02/2010 21:40


Très intéressant, je crois que je vais relayer...


guillaume 26/02/2010 14:39


Merci pour cette analyse et toutes les informations qu'elle contient...
Chacun appréciera dans quelle mesure certains de nos élus se préoccupent de la qualité de vie des montreuillois!
Et chacun se chargera de dire ce qu'il en pense au travers des prochaines échéances électorales...
Le 14 mars prochain: 1er tour des élections régionales...
A notre tour de VOTER.

Guillaume


Thomas 26/02/2010 11:18


J'ai l'occasion de lire vos articles dans A gauche, et je retrouve avec le même plaisir (si j'ose dire) ce texte très éclairant sur la situation à Montreuil. J'habite le Val-de-Marne mais la
situation montreuilloise est ici auscultée de près. Un cas d'école sur les véritables enjeux à gauche, entre une approche social démocrate tantôt peinte en rose, tantôt en vert, mais qui conduit
dans les deux cas au noir complet du reniement idéologique, et celle que nous tâchons d'incarner et qui reste fidèle aux valeurs du socialisme dont nous avons plus que jamais besoin pour éviter le
mur qui se rapproche un peu plus chaque jour.
Amicalement,

Woshe