« Porteurs d’eau »

Publié le par Juliette Prados

 

eau-JP.JPGSamedi 5 juin, je me suis rendue en compagnie d’une délégation d’élus du Parti de Gauche à la journée de mobilisation nationale des « Porteurs d’eau » organisée par la Fondation Danielle Mitterrand.



Cette initiative visait à faire prendre conscience de la nécessité de la mise en place d’une nouvelle organisation mondiale de l’eau. En y prenant part, j’ai notamment signé la Charte des Porteurs d’eau, dont je recopie ici les trois articles :

 


  1. L’eau n’est pas une marchandise, l’eau est un bien commun non seulement pour l’Humanité, mais aussi pour le Vivant.

  2. Afin de garantir la ressource pour les générations future, nous avons le devoir de restituer l’eau à la nature dans sa pureté d’origine.

  3. L’accès à l’eau est un droit humain fondamental qui ne peut être garanti que par une gestion publique, démocratique et transparente, inscrite dans la loi.


 

 

eau-JP-DM.jpg« Une gestion publique, démocratique et transparente. »

 


En Île-de-France, nous en sommes encore loin ! A quelques mois du renouvellement de la Délégation du Service Public de l’eau par le SEDIF (Syndicat des Eaux d’Île-de-France), pas une semaine ne se passe sans qu’un nouveau scandale ne soit mis à jour.

 

Le 17 mai, France 3 diffusait « du poison dans l’eau », un documentaire mettant à jour la présence de taux trop élevés de substances toxiques dans l’eau coulant de nos robinets, rappelant au passage que la recherche du rendement et du profit à tout va est peu compatible avec les  préoccupation de santé publique.

 

Le 21 mai, La chambre régionale des comptes dénonçait deux irrégularité majeures dans le contrat SEDIF - Veolia :

 

Entre 2005 et 2007, 186 millions d’euros auraient été versés à Véolia pour des prestations d’ingénierie, alors que celles-ci, dépassant le périmètre du marché, auraient du faire l’objet d’appels d’offre.

 

Par ailleurs, les comptes fournis par Veolia ne permettait pas de donner une image fidèle du résultat de la gestion, du patrimoine et de la situation financière du service public.

 

Difficile à avaler, d’autant que deux jours auparavant nous apprenions par voie de presse que Veolia restait seul prestataire en lice pour le renouvellement, et ce alors même que le choix officiel ne doit  intervenir que le 24 juin !

 

Maintenir le cap

 

On le voit bien, la bataille n’est pas gagnée, est pourtant elle est essentielle. N’en déplaise à Bertrand Kern, qui affirmait le contraire lors du conseil communautaire d’Est Ensemble du 16 février, la question d’un retour en gestion publique de l’eau est bien une question de fond, une question idéologique. Il s’agit de savoir quel mode de gestion nous voulons pour ce bien commun sans lequel on ne peut tout simplement pas vivre !


Plus encore, il est nécessaire que les élus s’engagent pour mettre en application les principes qu’ils défendent ; samedi 5 juin, autour de Danielle Mitterrand, se sont retrouvés des élus venus des divers horizons de la gauche : Michel Partage, conseiller général du Var et initiateur de « l’Appel de Varages » pour un retour en gestion publique de l’eau ; plusieurs élus verts, dont Dominique Voynet, maire de Montreuil ; mon camarade Gabriel Amard, du Parti de Gauche, qui est en train de réaliser le retour en régie publique de la communauté d’agglomération « Les lacs de l’Essonne », qu’il préside. Les socialistes étaient aussi présents, réunis autour de Bertrand Delanöé. Et bien-sûr Anne Le Strat, présidente d’Eaux de Paris, qui était venue l’avant-veille à Bagnolet expliquer  aux habitant d’Est-Ensemble comment Paris a réussi son passage en régie le 1er janvier dernier.

 

En revanche, aucun élu socialiste ou communiste des neufs villes qui constituent Est-Ensemble n’était présent… Il est long, le chemin des porteurs d’eau !

 





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