Retour sur le débat UCJS à Montreuil

Publié le par Nicolas Voisin

Mercredi 2 décembre, se tenait au théâtre Maria Casarès de Montreuil, le débat organisé sur les enjeux du sommet de Copenhague par le collectif « Urgence Climatique – Justice Sociale » (UCJS).

 

Deux mois plus tôt, les militants du comité du Parti de Gauche rencontraient les autres organisations signataires du texte UCJS représentées à Montreuil pour se constituer en collectif local et prendre l’initiative d’une campagne d’information afin de sensibiliser les habitants de cette ville sur des enjeux climatiques et sociaux. Il a d’abord fallu nous mettre d’accord pour mettre en valeur le contenu politique du texte UCJS, qui se distingue de la démarche purement environnementalistes en mettant l’accent sur la nécessité d’une remise en cause radicale du mode de production capitaliste, financier et productiviste. Il a fallu ensuite imaginer ensemble une forme de débat public conforme à cet état d’esprit, capable de mobiliser largement. Nous avons réussi : le texte du tract d’invitation (diffusé à des milliers d’exemplaires dans la ville) est très clairement dans la ligne UCJS, et la soirée du 2 décembre a été un réel succès, avec 80 participants, attentifs pendant trois heures à un débat introduit par le représentant local des Amis de la Terre, un film d’ATTAC, une intervention de Pierre Radanne (négociateur à Copenhague), de Gilles Lemaire (représentant les Verts à UCJS), et présidée par notre camarade Elodie Vaxelaire (secrétaire nationale du Parti de Gauche à la Planification écologique).

 

Pierre Radanne, Elodie Vaxelaire, Gilles Lemaire


Sur le fond, le débat a été particulièrement instructif.

 

On retiendra la grande convergence des interventions sur le diagnostic très inquiétant de la situation à la veille du sommet, avec des risques réels d’emballement du réchauffement climatique provoquant d’ores et déjà une dégradation catastrophiques des conditions matérielles de vie pour des millions de personnes, mais aussi une aggravation des situations politiques (tensions géostratégiques, conflits pour l’accès aux ressources, durcissement des mesures sur l’immigration). De même, les avis ont plutôt convergé sur les risques de blocage des négociations lors du sommet de Copenhague, tant la compétition internationale est vive et les contradictions d’intérêts entre les puissances industrielles et les pays émergeants sont importantes, renforcées encore par la crise mondiale du capitalisme. On s’est aussi globalement accordé sur l’appréciation des manœuvres engagées par les grandes puissances à la veille du sommet, cherchant notamment à brouiller les normes concernant la réduction des gaz à effet de serre (base de calcul 1990 remise en cause par Obama, amplitude de la fourchette 25% - 40% de l’Europe), et cherchant surtout à échapper à un traité juridiquement contraignant, prévoyant un système de sanction en cas de non respect des engagements.

 

En revanche, de sérieuses nuances sont apparues dans le débat sur plusieurs points non-négligeables, par exemple lorsque Elodie Vaxelaire a évoqué la nécessité de remettre radicalement en cause le modèle du libre échange pour atteindre les objectifs du GIEC, lorsque Gilles Lemaire a critiqué la taxe carbone mais pour en réclamer l’extension à tout le secteur de l’énergie, ou encore lorsque Pierre Radanne s’est montré très optimiste sur l’issue du sommet de Copenhague en soutenant qu’une conscience de l’intérêt général se serait imposée – dans le cadre de la crise – au cœur du système économique mondial.

 

On pourra enfin regretter que la Sénatrice-Maire écologiste de la ville, Dominique Voynet, arrivée une heure après le début du débat et repartie une heure avant la fin, ne soit pas intervenue pour – par exemple – éclairer l’assistance sur l’incroyable décision des élus Europe-Ecologie au parlement européens (José Bové excepté) de voter pour une résolution sur Copenhague encourageant la spéculation sur les « droits à polluer » et présentant l’énergie nucléaire comme une alternative efficace pour limiter les rejets de gaz à effet de serre !

 

Belle mobilisation, donc, pour un riche débat, qui se poursuivra sans doute dans les semaines et les mois qui viennent, afin d’imposer à l’échelle mondiale, mais aussi au niveau local un changement radical de vie, pour une société plus solidaire, plus juste, et plus écologique…

Publié dans Reportage

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