Voeux du RGC - intervention de Juliette Prados

Publié le par Juliette Prados

ju2.jpgDepuis quelques semaines, voire quelques mois, la ville bruisse des noms des candidats à succéder à Voynet à la tête de la ville.

Le 30 janvier dernier, le Parisien a annoncé "en avant première" la candidature de Gaylord Le Chequer.

Etant invitée par ses soins à m'exprimer, le soir même, lors des voeux du RGC, il m'a semblé important de réagir à cette farandole de candidats.

Certains (heureusement peu nombreux) se sont plus à croire qu'il s'agissait d'un "tacle" à l'attention de Gaylord. Ce n'était bien évidemment pas mon intention. D'abord, au PG, nous sommes polis : il n'est pas dans nos usages d'insulter ceux qui  nous invitent et nous offre leur tribune.

Je savais que Gaylord n'avait aucunement l'intention d'annoncer sa candidature. Et je ne pense pas trop m'avancer en affirmant qu'il porte le même regard que moi sur ce défilé de candidats. C'est donc bien une ambiance générale que je tenais à pointer.

 

Intervention de Juliette Prados lors dez voeux du RGC

 

Merci, en mon nom et en celui du PG, à Gaylord Le Chequer et au Rassemblement de la Gauche citoyenne de leur invitation.

Je sais quelle est la question que vous vous posez tous en ce moment même :

 

Juliette Prados va-t-elle annoncer qu'elle est candidate à conduire une liste pour la prochaine municipale 2014 ?

En effet, ça semble être LA question du moment...

D'ailleurs je pense qu'on pourrait inventer un petit jeu autour de ça, recenser les têtes de listes déclarées, supposées, fantasmées...

Je ne sais pas si vous avez tenu les comptes mais moi entre les annonces, les rumeurs, les articles du Parisien, j'en ai déjà identifié 7... rien que pour la gauche. Soit-dit en passant, la proportion de femme parmi ces 7 là est totalement insignifiante.

 

Cela dit, une femme, il y en a une. LA femme "à abattre", semblent penser certains. Madame La Maire. Dominique Voynet.

Parce que ce que révèle avant-tout ce défilé de noms et de visages, c'est la volonté partagée d'une grande majorité de montreuillois d'en finir avec la période Voynet. Je devrais plutôt dire la parenthèse Voynet, tant elle aura été rapide à provoquer le désaveu de la population qui l'a portée à la tête de la ville en 2008.

Pour autant, je vous invite toutes et tous a ne pas vous focaliser sur le casting. Si la seule question est « quelle est la personne la plus à même de « dégager » Voynet ?», nous risquons de tomber dans le piège qu'elle a elle-même tendu lors des dernières élections. En pariant sur une ligne « tout sauf Brard », elle a tout simplement occulté tout sens politique, nié le rôle et l'importance des partis dans le débat local, et brouillé tous les clivages pourtant essentiels entre les uns et les autres.

Ne retombons pas dans son piège. Sachons analyser la politique que Dominique Voynet et sa majorité mènent depuis bientôt 5 ans.

Une politique à mille lieux de celle que nous avons défendu, avec le RGC, au sein du Front de Gauche.

Dominique Voynet a démontré qu'elle niait le collectif pour privilégier l'individuel, que ce soit dans son rapport aux agents municipaux ou vers l'extérieur.

Qu'elle confondait communication aux citoyens et implication citoyenne.

Qu'elle privilégiait la charité à la solidarité.

Que sa vision du service public est totalement empreinte de social-libéralisme.

Ce sont ces problématiques là sur lesquelles j'espère que nous pourrons nous pencher, plus que sur sa personne.

J'aimerais que la future élection permette de remettre au centre de la vie montreuilloise la politique dans ce qu'elle a le plus noble, et que nous nous attachions toutes et tous à ne jamais perdre de vue l'intérêt général, plus que nos intérêts particuliers.

Le slogan de la campagne de Jean-Luc Mélenchon (24% à Montreuil) disait « prenez le pouvoir ». Il nous faut reprendre le pouvoir. Non pas le pouvoir au sens de « puissance », comme le « power » anglais, mais bien le pouvoir dans le sens de « capacité de faire ».

Avec mes collègues Gaylord Le Chequer et Danielle Creachcadec, il faut bien le reconnaître : du pouvoir, nous en avons peu.

Être conseiller municipal de la minorité, ce n'est pas une synécure. C'est même extrêmement frustrant. Mais nous travaillons bien ensemble. Nous débattons, nous discutons. Nous analysons les délibérations proposées par Voynet. Nous nous interrogeons sur ce que nous aurions fait, nous. Nous ne versons pas dans la facilité de l'opposition systématique. Nous essayons d'être utile, à notre petit niveau. Et à défaut d'avoir une grande capacité d'action, nous espérons que nos interventions et tribunes aident au moins à la compréhension de la politique municipale actuelle.

Parce que cette compréhensions sera utile à la construction d'une autre politique pour Montreuil.

A la fin des campagnes législatives et présidentielles, je me suis dit : OUF, une année sans élection, nous allons enfin pouvoir nous reposer. Je me trompais, vraisemblablement. Il semblerait que la campagne des municipales ait déjà commencé.

Je ne suis pas certaine que ce soit une bonne chose. En revanche, une chose me plaît beaucoup : les espaces de discussion et de réflexion se sont multipliés.

Au Parti de Gauche, nous nous investissons avec nos camarades du Parti Communiste et de la Gauche unitaire au sein de Montreuil Avenir. J'espère que d'autres forces nous y rejoindront.

Le Parti de Gauche Montreuil a également fait le choix de participer à toutes les initiatives mises en place par les organisations partenaires du Front de Gauche : la Fase, la Gauche Anticapitaliste et, bien-sûr, le RGC.

Nous continuerons. Nous tenterons d'y apporter le fruit de nos réflexions sur les radicalités concrètes à mettre en place dans les villes. Pour ceux que ça intéresse, nous les avons d'ailleurs consigné au sein d'un livre, terres de gauche.

A Montreuil comme au niveau national, nous oeuvrerons à la mise en place d'une liste Front de Gauche autonome, sans aucune concession en terme de programme et de ligne politique.

Et puisque 2014, c'est dans un an, n'oublions pas qu'il nous reste une année entière avant les élections. Et que les combats à mener restent nombreux. Certains camarades, Riva Gherchanonc en  fait partie, vont d'ailleurs rejoindre le comité de soutien du Méliès qui se réunit ce soir, et Gaylord, Danielle et moi-même continuerons à défendre le cinéma en conseil municipal.

Mais je pense que Gaylord, qui va prendre la parole à présent, ne manquera pas de vous rappeler les nombreuses luttes qu'il nous reste encore à mener.

Je ne sais pas s'il annoncera pendant son discours qu'il veut être tête de liste. Le suspense reste donc entier. Il sait de toute façon ce que je pense de ces auto-proclamations intempestives. Tout comme il sait qu'une liste, c'est avant tout 56 candidats. Et à mes yeux, il est évident qu'il doit être un de ceux là !

 

Publié dans histoires de campagne

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