Marée noire dans les rues de Montreuil
Les riverains d'un certain nombre de rues montreuilloises ont découvert au début du mois de juin les arrêtés municipaux plantés sur des cônes de signalisation les prévenant de travaux iminents sur la voirie et les invitant à garer leurs véhicules ailleurs. Ainsi, sans concertation préalable avec les habitants, et sans préavis sinon celui - assez expéditif - de ces arrêtés municipaux de voirie, la nouvelle municipalité a décidé de faire une surprise en rénovant plusieurs rues : rue Poulin, rue du Ruisseau et rue Victor Hugo derrière la mairie.
Après tout, pourquoi pas ? En ces temps de commémoration du joli mois de mai 68, passer une bonne couche d'asphalte sur les vieux pavés de Montreuil est plutôt dans l'air du temps !
Lors de la première semaine du mois de juin, donc, les automobilistes ont sagement été se garer ailleurs et les habitants de ces rues ont attendu les travaux dont l'arrêté annoncait qu'il dureraient une dizaine de jours. Cela promettait de la belle ouvrage, offrant à coup sûr une parfaite remise à neuf de la chaussée et des trottoirs.
Hélas ! Quelle déception !

En deux passages à peine - et à quelle cadence ! - les employés de l'entreprise choisie pour le chantier ont étalé une grossière et épaisse couche noirâtre de bitume caillouteux, grattant d'un coup de balais ici les trop pleins, poussant là de quoi boucher les trous laissés par l'énorme machine... et sont repartis aussi vite qu'ils sont venus, laissant à peine le temps au goudron de refroidir.
Dès le lendemain, les bandes blanche des passages-piétons étaient repeintes. Et voilà le résultat :

Les trottoirs défoncés ont été oubliés... alors que c'est souvent là que les travaux étaient nécessaires.

Le bitume grossièrement étalé a complètement noyé les caniveaux, submergeant parfois les "bateaux" des sorties de garages, promettant dès la prochaine grosse pluie des débordements sur les trottoirs.
Bref, ont sent une certaine précipitation dans la réalisation de ces travaux qui n'ont manifestement pas coûté très cher. D'ailleurs, les employés de l'entreprise de travaux publics que nous avons interrogés nous ont confié qu'il s'agissait là de la prestation "de base" qu'ils avaient l'habitude de réaliser selon cette méthode, reconnaissant que la prestation était à la hauteur de son coût très bas : médiocre !
Il y a donc de quoi se poser des questions sur la réalisation de ces travaux d'urgence, mais ce n'est pas tout :
D'abord il y a aussi lieu de s'interroger sur le choix de ces rues plutôt que d'autres : renseignements pris, il apparaît que le conseil de quartier n'a pas été sollicité pour programmer ces travaux. On pourrait admettre que des travaux de ce genre soient décidés en urgence par les services et les élus pour faire face à une dégradation soudaine et importante d'une rue... mais dans les trois cas cités, il ne s'agissait certainement pas des rues les plus dégradées de leur quartier. Alors pourquoi cette procédure expéditive court-circuitant la démocratie participative ?
S'il ne s'agit pas de travaux d'urgence - de sauvegarde - de ces rues, alors pourquoi avoir choisi la prestation la plus rudimentaire, et la moins chère (appelée "nappage") qui ne tiendra que quelques années et qu'il faudra refaire ? Les habitants de ces quartiers de Montreuil ne méritent-ils pas la même qualité de vie que celle, par exemple, de la rue Faidherbe, parfaitement rénovée l'an dernier. Déjà, les premières chaleurs du mois de juin ont fait apparaître dans les rues concernées des premières traces de "suées" de goudron très inquiétantes... Quel gâchis pour les finances locales.
Nul doute que les habitants exprimeront ces interrogations lors des prochaines réunions du conseil de quartier... Et que les élus compétents répondront.
A suivre, donc...
Par Karine Poulard & Nicolas Voisin
Après tout, pourquoi pas ? En ces temps de commémoration du joli mois de mai 68, passer une bonne couche d'asphalte sur les vieux pavés de Montreuil est plutôt dans l'air du temps !
Lors de la première semaine du mois de juin, donc, les automobilistes ont sagement été se garer ailleurs et les habitants de ces rues ont attendu les travaux dont l'arrêté annoncait qu'il dureraient une dizaine de jours. Cela promettait de la belle ouvrage, offrant à coup sûr une parfaite remise à neuf de la chaussée et des trottoirs.
Hélas ! Quelle déception !

En deux passages à peine - et à quelle cadence ! - les employés de l'entreprise choisie pour le chantier ont étalé une grossière et épaisse couche noirâtre de bitume caillouteux, grattant d'un coup de balais ici les trop pleins, poussant là de quoi boucher les trous laissés par l'énorme machine... et sont repartis aussi vite qu'ils sont venus, laissant à peine le temps au goudron de refroidir.
Dès le lendemain, les bandes blanche des passages-piétons étaient repeintes. Et voilà le résultat :

Les trottoirs défoncés ont été oubliés... alors que c'est souvent là que les travaux étaient nécessaires.

Le bitume grossièrement étalé a complètement noyé les caniveaux, submergeant parfois les "bateaux" des sorties de garages, promettant dès la prochaine grosse pluie des débordements sur les trottoirs.
Bref, ont sent une certaine précipitation dans la réalisation de ces travaux qui n'ont manifestement pas coûté très cher. D'ailleurs, les employés de l'entreprise de travaux publics que nous avons interrogés nous ont confié qu'il s'agissait là de la prestation "de base" qu'ils avaient l'habitude de réaliser selon cette méthode, reconnaissant que la prestation était à la hauteur de son coût très bas : médiocre !
Il y a donc de quoi se poser des questions sur la réalisation de ces travaux d'urgence, mais ce n'est pas tout :
D'abord il y a aussi lieu de s'interroger sur le choix de ces rues plutôt que d'autres : renseignements pris, il apparaît que le conseil de quartier n'a pas été sollicité pour programmer ces travaux. On pourrait admettre que des travaux de ce genre soient décidés en urgence par les services et les élus pour faire face à une dégradation soudaine et importante d'une rue... mais dans les trois cas cités, il ne s'agissait certainement pas des rues les plus dégradées de leur quartier. Alors pourquoi cette procédure expéditive court-circuitant la démocratie participative ?
S'il ne s'agit pas de travaux d'urgence - de sauvegarde - de ces rues, alors pourquoi avoir choisi la prestation la plus rudimentaire, et la moins chère (appelée "nappage") qui ne tiendra que quelques années et qu'il faudra refaire ? Les habitants de ces quartiers de Montreuil ne méritent-ils pas la même qualité de vie que celle, par exemple, de la rue Faidherbe, parfaitement rénovée l'an dernier. Déjà, les premières chaleurs du mois de juin ont fait apparaître dans les rues concernées des premières traces de "suées" de goudron très inquiétantes... Quel gâchis pour les finances locales.
Nul doute que les habitants exprimeront ces interrogations lors des prochaines réunions du conseil de quartier... Et que les élus compétents répondront.
A suivre, donc...
Par Karine Poulard & Nicolas Voisin
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