La politique montreuilloise : pure question de forme ?
Jeudi 22 mai, lors du dernier conseil municipal de Montreuil, la présidente du groupe socialiste a interrogé la Sénatrice-Maire sur les dispositions qu’elle comptait prendre pour permettre l’expression des minorités au sein de la presse locale. Nous avons eu la surprise d’apprendre que désormais, plutôt qu’être regroupées une fois par mois sur une double page, les tribunes politiques seraient publiées une fois par semaine, à tour de rôle.
Diantre ! Nous, élus municipaux, aurions-nous oublié d’être distrayants ? Tout à notre combat pour œuvrer à la transformation sociale de notre société, aurions-nous omis de considérer que le citoyen montreuillois se fichait pas mal de nos propos et que pour lui, un soupçon de politique par ci - par là, c’est bien assez ?
Pas un mot des subventions exceptionnelles allouées à la Chine et à la Birmanie, ni de la position de la municipalité sur le service minimum, rien non plus du dialogue sur une retour en gestion publique de l’eau qui s’est amorcé lors de cette séance.
Il est vrai également que les classes populaires se désintéressent de la vie politique, et n’ont pas pris le chemin des urnes lors des dernières élections municipales, illustrant parfaitement la fameuse « démocratie de l’abstention » pointée par Céline Braconnier et Jean-Yves Dormagen dans un ouvrage du même nom sorti en 2007.
Face à la dépolitisation des classes populaires, le rôle d’un responsable politique, a fortiori de gauche, n’est pas d’accompagner cette dépolitisation, mais au contraire de faire tout ce qui est en son pouvoir pour inverser cette tendance : en organisant des réunions publiques, en multipliant les ateliers de lecture, en décryptant constamment l’actualité, c’est ce que nous nous évertuons à faire au sein de l’association PRS.
Oui, la politique est une chose sérieuse... et l’expression de nos élus ne saurait être renvoyée à une simple affaire de gommes et de crayons.