Unité et maturité politique pour lancer le congrès du PG

Publié le par Nathanaël Uhl

 

NathUhlAu Parti de gauche, le congrès c’est parti. Il se déroulera, ce n’est pas une blague, chez nos amis girondins. Le conseil national auquel j’ai participé ce week-end à Bagnolet a lancé le processus. Ce congrès, notre deuxième, ne sera pas anecdotique. Il contribuera à affiner notre ligne politique, dans un temps donné mais avec une vision à long terme. Il participera à la définition d’un programme politique propre au Parti de Gauche, allant donc au-delà de l’Humain d’abord qui est le compromis élaboré par le Front de Gauche. Cet engagement en direction de notre programme spécifique est une des avancées du conseil national des 15 et 16 décembre. Il a été essentiellement marqué par une très forte aspiration à l’unité.


En témoignent les cinq plateformes politiques présentes samedi à l’ouverture de nos travaux et la seule restant à la sortie. Durant tout le samedi après-midi, répartis en ateliers pour que la parole circule plus facilement, les délégués au conseil national ont préféré insister sur les points de convergence entre les différents textes qui leur étaient présentés. Les porteurs des textes ont, dans leur grande majorité, entendu les messages et la synthèse a pu être réalisée dans la nuit entre quatre des cinq plateformes. Une seule ayant manifesté la volonté de se compter était donc en balance avec le texte de synthèse.


Il y a eu vote. Une plateforme devait recevoir l’assentiment de 20 % des délégués au conseil national pour être présente au congrès. Le résultat est sans appel : 378 voix pour la plateforme de synthèse, 5 abstentions, 8 voix pour la plateforme alternative. La maturité politique et la volonté d’unité ont pris le pas sur toutes autres considérations. A l’évidence, les militants du Parti de gauche, pour divers qu’ils soient avec des parcours différents, des cultures opposées parfois, des points de vue dissemblables, n’aspirent pas moins à une forme d’homogénéisation politique. Mon ami et camarade François Delbrayelle, qui rend compte à sa manière de notre conseil, le résume ainsi :


Ce Conseil National a permis de faire la synthèse d'idées différentes dans un seul texte pour le congrès. Il n'y a pas de courants mais des mots repères communs. C'est cela qui fait la diversité du Parti de Gauche (…) Le militant ne doit pas être réduit à un petit soldat dévoué aux ordres d'un chef. La consigne est toujours la même : pas de consignes ! C'est nous qui construisons le Parti de Gauche, qui en sommes acteurs, moteurs. Chacun-e peut s'impliquer pour le construire à sa façon. Place au peuple !


Pour autant, il y a eu des débats, vifs parfois, traduisant la volonté de chacun de faire ressortir les angles saillants d’une pratique et d’une ambition politiques. De fait, chacun a bien senti, au travers de la campagne des présidentielles et des législatives, que ce sont les points les plus clivants de nos engagements qui nous ont imposé dans le débat : du salaire maximum à la nationalisation des entreprises. C’est à partir de ces points de rupture que nous sommes en capacité de rassembler pour créer les conditions d’une alternative politique, comme résultante d’une nouvelle majorité sociale dont nous sommes – forts de 4 millions de suffrages – déjà le cœur. La majorité politique à construire ira forcément de la gauche du parti socialiste et d’Europe Ecologie – les Verts jusqu’au Nouveau Parti anticapitaliste, dès lors que chacun assume ses responsabilités. Nous mènerons les débats nécessaires en toute clarté, à partir de notre identité politique.


Le débat au conseil national a contribué, avant que le congrès ne l’affine, à définir cette identité : anticapitaliste, utilisant les outils de la lutte autant que les urnes, avec l’éco-socialisme comme perspective politique et l’éducation populaire comme outil. Le Parti de gauche participera, pour atteindre ces objectifs, à la création d’une nouvelle alliance révolutionnaire dont le précariat sera la base sociale, prenant en compte la précarité croissante qui frappe jusqu’aux catégories se croyant membres des « classes moyennes ». Enfin, le protectionnisme – nécessaire pour pouvoir mener à bien la socialisation des moyens de production autant que pour assurer la mise en place de la règle verte – et la condamnation de l’Europe austéritaire ont été actés dans les points d’ancrage du Parti de Gauche.


Le débat va désormais se poursuivre autour de la plateforme commune au sein des comités de base du Parti de Gauche. Les amendements et les contributions thématiques vont émerger tant sur le programme que sur la structuration du parti, sur les outils de formation militante. C’est peu de dire qu’il y a du boulot en perspective dans les trois mois qui viennent. Sachant qu’en plus nous ne déserterons pas le terrain de l’action, les nuits seront courtes.

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